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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JIAPON, L.v. IV. 359

tojours avec la nouvelle année, quoiqu'il ait été ſouvent inſtitues pluſieursmois auparavant. Quelquefois auffi, on ſe ſert encore du Nengo précé-dent, dans le titre des Livres& des Ecrits; irrégularité qui vient, ſuivantla conjecture de Kæmpfer, ou de ce que, les Peuples n'approuvent point lanouvelle figure, ou de ce que dans un ſi grand Empire, elle ne peut êtrenotifiée tout d'un coup. L autre Epoque Chinoiſe, que les Japonois ont a-doptée, conſiſte en Cycles ou Périodes, de ſoixante années, qui ſe formentd'une combinaiſon des douze Signes céleſtes, avec les lettres de leurs noms.Les caractères de ces douze Signes, combinés cinq fois avec ceux des dixElemens, ou ces dix Elemens fix fois, avec les Signes céleſtes, produiſentſoixante figures compoſées, ou ſoixante caracteres, dont chacun ſe prendpour une année. Aprées Pexpiration des ſoixante années, un nouveau Cy-cle commence. A Taide de cette Epoque, les Hiſtoires& la Chronologiedu Japon s'accordent tojours avec celles de la Chine, avec cette différen-ce, que les Chinois marquent non-ſeulement lannée, mais le nombre du Cy-cle, ce qui n'eſt point en uſage au Ijapon. Kæmpfer obſerve que cette di-verſité vient peut-être de Porgueil des Japonois, qui ne veulent pas avoirſans ceſſe, devant les yeux, une longùe ſuite de Cycles Chinois, écoulésavant l'origine de leur Monarchie.

LEs douze Signes céleſtes, ſuivant les Japonois, qui les nomment Jet.

ta, ſont; 10. Ne, ou la Souris, 20. Us, le Taureau; 3°. Torra, ou le Ti-gre; 40. Ow, ou le Liévre; 5o. Tatgr, ou le Dragon; 6°. Mi, ou le Ser-pent; 70. DUma, ou le Cheval; 80. Litſuſe, ou le Mouton; 90. Sar, oule Singe; 109. Torri, ou le Coq; I1°. In, ou le Chien; 120. I, ou le Ver-rat. IIs donnent les mêmes noms,& dans le méême ordre, aux douze heu-res du jour naturel,& aux douze parties, dont ils compoſent chaque heu-

re; ce qui les met en état de marquer exactement, dans leurs Hiſtoires,

non-ſeulement quel jour, mais à quelle heure,& méme à quelle partie de-

Fheure un fait eſt arrivé. Cependant ce qu'ils appellent jour, eſt l'eſ-pace de tems qui s'écoule entre le Lever du Soleil& fon Coucher.IIs le diviſent en ſix parties égales, comme la nuit en ſix autres; d'oùil arrive que, ſuivant la faifon, les heures ſont plus longues ou pluscourtes.

A Légard des Elemens, ils en comptent dix, parceque ce nombre eſtnéceſſaire pour faire réſulter ſa combinaiſon avec les Signes céleſtes, dansun Cycle de ſoixante années; mais ils n'en ont proprement que cinq, quifont le Bois, le Feu, la Terre, la Mine& Eau, déſignés par deux ſortesde caracteres qui les doublent. Le commencement de leur année tombe en-tre le Solſtice d'Hyver& Equinoxe du Printems, vers le cinquiêème jourde Février. Mais, comme ils ſont d'une ſuperſtition extréme à célébrerle jour de la nouvelle Lune, ils commencent ordinairement Pannée, par laLune qui précéde ou qui ſuit immédiatement le cinq de Février. Leursmois ſont Lunaires; mais de deux en deux, ou de trois en trois ans, ilsont une année de treize Lunes; de-ſorte qu'en dix-neuf années communes,ils en ont ſept que Kæmpfer nomme Biſſextiles(b). LES

(³b) Kæmpfer, Tome I. pag. 248& préecedentes; ou le Pêre Charlevoix, d'après lui, pag.174& précédentes.

DEgschryrrorDU Jsarox.

Signes celeſtes.

Diviſion dujour& de ſesparties.

Elemens.

Année,&ſes différences.