DEschIPTIONDU JaPox.
Arithmétique.
Académiespour l'éduca-tion de la
Ieuneſſe.
Premiersexercices desjeunes gens.
Faſtes deL'Empire.
MédecineJaponoiſe.
360 VOYXAGE DE KEMPFE R
LEs Marchands Japonois ont une Arithmétique aſſez ſimple,& qui n'eneſt pas moins füre. IIs ſe ſervent d'une table, ſur laquelle ils placent desbàtons, ſurmontés d'une petite boule, qui leur font trouver tout d'uncoup les quatre preuves de nos opérations; à-peu-pres comme les Chi-nois, deſquels il y a beaucoup d'apparence qu'ils ont emprunté cetteméthode.
LEs Sgavans du Japon ſont les Miniſtres de la Religion du Pays. IIsſont chargés ſeuls de l'éducation des jeunes gens, qui demeurent chez euxjuſqu'à ràge de quatorze ans. Ces Académies ſont en grand nombre. Onlit, dans les Lettres de Saint Frangois Xavier, que, de ſon tems, il y enavoit quatre aux environs de Meaco, dont chacune n'avoit pas moins detrois ou quatre mille Ecoliers,& qu'elles n'approchoient pas néanmoins decelle de Bandoue, la plus nombreuſe de'Empire. Les Filles ſont élevéesde même dans des Communautés de leur ſexe.
Auss--Tôr que les jeunes gens ſont retournés à la Maiſon paternelle, onles forme aux exercices de leur age. On commence alors à leur donner desarmes;& cette cérémonie, qui eſt une vraye fête, fait connoitre que laGuerre eſt la paſſion dominante de leur Nation. IIs ſe perfectionnent bien-töt dans cette Science. Les premiers Européens, qui leur portéèrentdes armes à feu, furent ſurpris de la facilité avec laquelle ils apprirent às'en ſervir. Tout Japonois eſt né Soldat. Ces Inſulaires ne ſont véritable-ment jaloux que de leurs armes. IIs ne les quittent que pendant le ſom-meil; encore les mettent-ils ſur le chever de leur lit. IIs tirent'épée à lamoindre occaſion, quoique rien ne ſoit plus étroitement défendu dans lesVilles. Ce Réglement, auquel on tient exactement la main, prévientquantité de deſordres.
LEs Faſtes de l'Empire ſont compoſés dans la Cour du Dairi. Ceſt yoc-cupation des Princes& des Princeſſes du ſang Impérial. On en tire descopies, qui ne s'impriment qu'aprés un certain tems,& qui ſe gardentſoigneuſement dans le Palais. On attribue, à cette réſerve, le ſilence desMifſionnaires ſur l'ancienne Hiſtoire d'un Pays, dont ils ne pouvoient dou-ter que les différentes révolutions n'euſſent pü faire le ſujet d'un Ouvrageintéreſſant(¹).
LàAX Médecine eſt plus en honneur, au Japon, que la Chirurgie. NosVoyageurs ne parlent même d'aucun Chirurgien de profeſſion. Mais lesMédecins embraſſent toutes les parties de Art, qui regarde la vie& laſanté des hommes. IIs ſe font ſuivre, par-tout, d'un Valet, avec unecaſſette qui a douze tiroirs,& dans chacun deſquels ils ont cent quarante-quatre petits ſachets d'herbes& de drogues, dont ils prennent ce qui con-vient à chaque maladie. IIs excellent, comme les Chinois, dans laſcience du poulx. On aſſure qu'après avoir examiné, pendant une de-mie heure, le poulx d'un Malade, ils connoiſſent les cauſes& tousles ſymptömes du mal. IIs ne ſont pas fatiguans par la multitude des
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(i) Cette réflexion eſt de Hiſtorien du puiſque la Nation en a dailleurs un grandJapon. Mais elle ſuppoſe qu'il n'y a de fond nombre.à faire que ſur les Ecrivains de la Cour,