DescRarP'rroNDU JAPlox.Trois; ſortes de petit 8veroles.
Arts mé-chaniques.
Caractèredes Japonois-
RKRempfern'a pü le con-noltre parfai-rement.
De quelleſource On letire.
352 VONAGE DE KEMPPFE;R
une priſon perpétuelle, la permiſſion de ſortir une fois en ſix mois, pourſe faire appliquer le Moxa.
L. Es Japonois diſtinguent trois fortes de petites veroles; la premieère,qui reſſemble à celle de Europe;& la ſeconde, qui ne differe pas de larougeole; mais la troiſième eſt particullere au Japon. Elle conſiſte dans ungrand nombre de puſtules aqueuſes, qui paroiſſent venir des boiſſons froi-des, dont Puſage eſt commun dans ces Iſſes. Mais ces trois maladies ſonttraitées peu ſérleuſement. Le remede ordinaire eſt d'envelopper le Maladed'un drap rouge. Lorſque les enfans du Sang Impérial en ſont attaques,non-ſeulement leur lit& leur chambre doivent etre garnis de rouge; maisceux qui approchent d' eux doivent être en habits de la même couleur.
LEs Arts méchaniques ſont fort cultivés dans toutes les Parties du Ja-pon. IIs y ſont venus de la Chine; mais ſi les Japonois n'ont preſque rieninventé, is ſont capables de donner la derniere perfection à tout ce qui ſortde leurs mains. IIs excellent dans la gravure, la dorure& la cizelure. Leurpapier Femporte beaucoup ſur celui des Chinois, qui n'ont jamais égalénon plus la fineſſe& la propreté des étoffes de Fatſäſio& de Kamakura.La porcelaine du Japon eſt célebre par ſa beauté. Les ſabres y fontd'une trempe admirable. Le vernis des Japonois eſt au-deſſus de tousles autres,& ne sapplique nulle part avec tant de propreté. IIs ſur-paſſent tous les Indiens dans la compoſition de leurs liqueurs& danspapprêt des viandes. Mais leur induſtrie& leur application éclatentparticuliérement dans la culture des terres, dont ils ne laiſſent pas unfeul pouce inutile.
Ox ma repréſenté juſqu’ ici les Japonois que par les dehors& par des qua-lités acquiſes, qui ne peuvent ſervir à la connoiſſance de leur caractère.Kæmpfer déclare plus d'une fois qu'il les regarde comme une Nation ſpiri-tuelle. Mais, ſuivant'obſervation de leur nouvel Hiſtorien, c'eſt en don-ner une idée fort imparfaite. Ce Voyageur ne sg'eſt pas étendu fur leur por-trait, parcequ’ il n'avoit pas vécu aſſez familierement avec eux pour les con-noitre à fond. Peut-etre a-t il étudie les productions du Pays, avec plusde ſoin que les Miſhonnaires. II ſe fait honneur d'avoir trouvé le ſecret defouiller dans leurs Archives. Il a vü les Grands comme en ſpectacle, c'eſt-à-dire, environnés de tout leur faſte. II a traité avec des Officiers publics,avec des Facteurs& des Commis; mais il n'a pül pénétrer dans leur cœur,parceque cette étude ſuppoſe des ouvertures que les Japonois ne peuventplus avoir pour les Etrangers. Ceſt donc aux anciens Miſſionnaires, àceux qui ont mené long-tems une vie paiſible au Japon,& qui ont appriszconnoitre les Habitans dans un commerce libre, qu'il faut ſe fier unique-ment de la peinture de leur caractére. LHiſtorien que je cite a pris foinde recueillir, dans ces excellentes ſources, de quoi former un parallele desJaponois& des Chinois, dont je crois pouvoir détacher ici ce qui regarde-les premiers. Des couleurs ſi fideles ſerviront bien mieux, dit-ilI, à les fai-re connoitre, que divers traits d'oppoſition, de leurs mœurs avec les nô-tres, qu'on a ramaſſés avec affectation,& d'où l'on a cru pouvoir conclurequ'ils devoient etre appellés nos Antipodes moraux.„ Prendre le blanc pour„la couleur du deuil,& le noir pour celle qui marque la joye; Saer à
„ Chs-