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Tome quatorzième.
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364
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DrsckferIoNDU JaroN.Noble fer-

Autres qua-lités du carac-tere Japonois.

364 VvVOYAGE DE K EMPFE;R

L Es droits de Pamitié ne ſont pas moins ſacrés au Japon, que ceux deramour conjugal. Un Japonois ne connoit point de périls, lorſqu'il eſtqueſtion de défendre ou de ſervir ſon ami. Les tortures les plus cruelles neforceront pas un Coupable de nommer ſes Complices. Qu’'un Inconnu mê-me ſe jette entre les bras de quelqu'un& le prie de lui conſerver la vie& Thonneur, celui dont on implore ainſi la protection y employe ſon ſang& ſon bien, ſans s'embarraſſer des ſuites, ni de ce que ſa femme& ſesenfans peuvent devenir. Les querelleurs, les médiſans, les grands par-leurs, font au Japon dans un ſouverain mépris; ils y paſſent pour gensſans courage, ou qui penſent peu. On n'y ſouffre point les jeux dehazard, parcequ'on les regarde comme un- trafic fordide& contraire àrhonneur. Dans les hommages que le Japonois rend à ſes Dieux,&dans le reſpect qu'il porte à ceux dont le caractére ou le rang exige de laſoumiffion, il meſt pas aiſé de juger lequel des trois grands motifs, de lareligion, du naturel& de l'éducation, y a le plus de part. IIl en fautexcepter néanmoins la ſoumiſſion pour ſes Princes, dans laquelle il n'eſtretenu ordinairement que par la force& la crainte; mais on peut dire queCeſt bien moins la faute des Sujets que celle des Souverains, qui pren-nent des airs trop faſtueux pour un Peuple naturellement fier& portéà Pindépendance, quoique capable de fléchir par raiſon,& de s'en faireune de la néceſſité.

CrFEzNDANT la même Nation eſt remuante, vindicative à l'exces,pleine de defiance& d'ombrages. Malgré ſa vie dure& ſa férocité natu-relle, elle porte fort loin la diffolution. Mais il eſt facile de ramener unJaponois de fes égaremens. II eſt vertueux par ſentiment.

Ir eſt naturellement religieux& docile. II aime la vérité, qui le con-damne. II convient des excées qu'on lui fait reconnoitre. Il veut étre in-ſtruit de fes obligations& de ſes defauts;& von aſſure que tous les gens dequalité ont chez eux un Domeſtique de confiance, dont l'unique ſoin eſt deles avertir de leurs fautes. Enfin, la mauvaiſe- foi eſt en horreur au Ja-pon,& le menſonge le plus leger y eſt puni de mort. Chacun y don-ne, à la Religion, tout ce quil croit devoir aux principes de celle dontil fait profeſſion; il ne lui manque que de bien prendre ſon parti; perſon-ne n'y fait ſervir la Religion à ſes intérêts;& dans ceux-méêmes, quine croyant pas aux Dieux du Pays, ne laifſent pas de leur rendre un culteextérieur, C'eſt amour de'ordre, c'eſt crainte de ſcandaliſer le Peuple,auquel ils croyent ce frein néceſſaire. On n'a pas d'exemple qu'un Japo-nois ait blaſphémé ſes Dieux. Rarement on Tentend ſe plaindre. Dans lesplus grands revers ils conſervent preſque tous une fermeté qui tient duprodige. Un péere condamne ſon fils à la mort ſans changer de viſage,&fans ceffer néanmoins de parottre pere. Les exemples en font ſi communs,qu'ils ne s'attirent plus d'attention. Si quelqu'un ſgait que ſon ennemi lecherche, il affecte d'aller ſeul dans tous les lieux où il peut le rencontrer.

II

qu'’àd ſa mort.— Une ſervante, qui ſe crut ta, dit P'Auteur, à la bouche, ſe l'arrachadeshonorée d'avoir donné quelque ſujet de avec les dents,& mourut ſur l'heure. Hiſ-rire à ſes dépens, ſe prit le ſein, ſe le por- toire du Fapon, Teme J. Pog. 130& 131.