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Tome quatorzième.
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DrsckrrioNpd Japox.

Agrémensde la ſocieté.

Bon ordre

des Feſtins.

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VOYAGE DE KEMPFER

aller plus loin,& n'ont rien d'égal que l'amour, le reſpect& la ſoumiffion

des enfans pour les Auteurs de la naiſſance,& que la vénération des Peuples

pour les Miniſtres des Dieux.vertueux ſentimens(c).

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La Foi Chrétienne avoit perfectionné de ſi

AvEc un caractére ſi aimable, il n'eſt pas ſurprenant que les Japonois

ſoyent fort ſenſibles aux plaiſirs de la ſociété.

Ils ſe donnent mutuellement

à manger, avec une ſorte de magnificence, qui ne préjudicie point à la ſo-

briété.

Ce qu'il y a d'incommode dans leurs Feſtins, c-'eſt un cérémo-

nial qui ne finit point; mais il s'exerce avec autant d'ordre que de pro-

preté.

de rubans de ſoye.tes dorées.ment accompagnée de Muſique.

(°) Le Pére de Charlevoix rapporte unfait qu'il trouve, dit-il, dans un Mémoirede l'année 1604,& dont l'Auteur avoit été

témoin ocuslaire. Une femme étoit refléeveuve avec trois gargons,& ne ſubſiſtoit

que de leur travail. Mais comme ils ne pou-voient gagner aſſez pour entretenir toute lafamille, ils prirent une étrange réſolution,dans la ſeule vũe de mettre leur mêre à ſonaiſe. On avoit publié, depuis peu, que qut-conque livreroit un Voleur à la Juſtice rece-vroit une ſomme aſſez conſidérable. IIs con-vinrent entr'eux qu'un des trois paſſeroitpour Voleur,& que les deux autres le me-neroient au juge. IIs tirérent au ſort, quitomba ſur le plus jeune. Ses freres le lient& le conduiſent comme un Criminel. LeMagiſtrat l'interroge. Il répond qu'il a volé.On le jette en prifon;& ceux qui l'ont livrétouchent la ſomme promiſe. Leur cœur s'at-tendriſfant alors ſur le danger d'une ſi chèrevictime, ils trouvent le moyen d'entrer dansla priſon,& ne ſe croyant vùs de perſonne,ils s'abandonnent à toute leur tendreſſe. UnOfficier, que le hazard rendit témoin de leursembraſſemens& de leurs larmes, fut extrè-mement ſurpris de ce ſpectacle. II fait ſuivreles deux Délateurs, avec ordre d'éclaircir unfait ſi ſingulier. On lui rapporte que lesdeux jeunes gens étoient entrés dans une mai-ſon,& qu'on leur avoit entendu faire le récitde leur avanture à une femme, qui étoit leurmeére; qu'à cette nouvelle elle avoit jetté descris lamentables,& qu'elle avoit ordonné àſes enfans de reporter la ſomme qu’'ils avoientrecue, en proteſtant qu'elle aimoit mieuxmourir de faim que de prolonger ſes jours auxdépens de ceux de ſon fils. Le Juge infor-

mé, conçoit autant de pitié que d'admiration.II fait venir ſon Prifonnier, il recommence

9 2. 2 FA; 8* 1Dans un grand nombre de Domeſtiques, on n'entend pas une pa-role,& l'on ne remarque pas la moindre confuſion.

Les plats ſont ornés

z On ne ſert pas un oiſeau qui n'ait le bec& les pat-Tout le reſte eſt orné à proportion.

La Fête eſt ordinaire-

En un mot, il ne manque rien à la ſa-

tisfaction

les interrogations;& le trouvant ferme à ſereconnoitre coupable, il lui déclare enfin qu'ilmignore rien. Aprés avoir tout éclairci, ill'embraſſe tendrement, il ſe hate d'aller faireſon rapport au Cuboſama, qui charmé d'uneaction ſi héroique, voulut voir les trois frè-res, les combla de careſſes, aſſigna au plusjeune quinze cens écus de rente,& cinq censà chacun des deux autres. Hiſtoire du Fapon,TZomc I. pag. 143.

Le point d'honneur ne porte pas ce Peu-ple à des actions moins extraordinaires.Kæmpfer raconte que deux Gentilshommess'Etant rencontrés fur un eſcalier du PalaisImpérial, leurs épées ſe frottérent l'une con-tre l'autre. Celui qui deſcendoit s'offenca decet accident. L'autre s'excuſa, en proteſtantque c'Stoit Peffet du hazard. II ajoũta que lemalheur après tout n'Ctoit pas grand, que cemétoit 5 deux épées qui s'étoient tou-chées,& que l'une valoit bien P'autre. jevais vous faire voir, reprit le premier, ladifférence qu'il y a de l'une à l'autre;& fürle champ, il tire ſon poignard& s'en ouvrele ventre. Le ſecond, ſans réplique, monteen diligence pour ſervir ſur la table de l'Em-pereur, un plat qu'il tenoit en main, revientenſuite;& trouvant ſon Adverſaire, qui ex-piroit, il lui dit qu'il l'auroit prévenu, s'iln'eüt pas été occupé du ſervice du Prince,mais qu'il le fuivroit de prês, pour lui fairevoir que ſon épée valoit bien la ſienne. Auſſi-tot, il ſe fendit le ventre,& tomba mort.Le Pére de Charlevoix n'oſe décider s'il y aplus de fureur dans cette action, que danscelle de deux Européens, qui ſe coupent lagorge en duel. Ubi ſup. pag. 146.

Mota. Cette biſtoire ſe trouve rapportéedans la Relation de Caron, publiée par The-venot. R. d. E.