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Tome quatorzième.
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368
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DEscRhrPprIoN-0U JAPoON.

Idée gèné

88 nnrale des Villes.

Place& Po-teaux qui ſer-vent à la pu-blication desOrdres.

Deſcriptiondes maiſonsJaponoiſes.

368 VvVOYAGE DE KEMPF ERg. VI.

Villes, Bourgs, Villages, Chäteaux, Jardins, Chemins, Voitures&Bâteaux du Japon.

A plüpart des Villes du Japon ſont bien bäties& fort peuplées. Onen compte, ſuivant Kœmpfer, juſqu'à treize mille, dont il eut l'oc-caſion de voir trente-trois dans ſon Voyage à la Cour. Les rues en ſontgénéralement régulieéres. Elles s'étendent en droite ligne& ſe coupent àangles droits. Chaque Ville n'a que deux portes, qui ne ſont pas plus re-marquables par leur beauté, que celles qui ſont au bout de chaque rue,&qu'on ferme régulierement toutes les nuits, mais aux deux côtés deſquel-les on éléve, quelquefois, pour ornement, des pans de muraille, qui nes'étendent pas bien loin. Dans les grandes Villes,& dans celles qui ſontla reſidence de quelque Prince, ces deux portes ſont plus ornées, mieuxentretenues,& ſoigneuſement gardées. Le reſte eſt ordinairement tout ou-vert, ou quelquefois ceint d'une haye ou d'un foſſé. Les Villes frontiéresdu Domaine Impérial ne ſont gueres mieux forrifiées que les autres; maisdans les paſſages étroits qui y conduiſent,& qu'il eſt difficile d'viter, ellesſont defendues par de bonnes portes, avec une Garde nombreuſe, qui n'ylaiſſe entrer perſonne ſans examen(a).

TovuvTrEs les Villes ont une Place fermée de grilles, qui ſe nommé Fu-danoiſiuſi, d'où Fon annonce, au Peuple, la Lolonté ſuprêmé, comme les Ja-ponois s'expriment, c'eſt-à-dire, les Edits& les Ordres particuliers deTEmpereur. Ceſt le Seigneur, ou le Gouverneur de la Province, qui lesfait publier en ſon propre nom;& pour l'inſtruction des Paſſans, ils ſontécrits en gros caractéres, ſur une planche quarrée, longue d'un pied oudeux, attachée au-defſus d'un Poteau, qui a pour le moins deux toiſesde hauteur. Les principales de ces planches contiennent 1'Edit qui regar-de le Chriſtianiſme: mais, comme les Seigneurs y placent auſſi leurs pro-

res Ordres, le nombre en eſt quelquefois ſi grand, qu'il eſt preſqu'im-poſſible de les voir,& de les lire tous. On place quelquefois, fur le Po-teau, des pièces de monnoye, qui doivent être la récompenſé de ceux quidonneront des lumières ſur Ce qu'’on veut découvrir. On trouve de ces Po-teaux, juſques dans les Villages& ſur les grandes Routes.

LEs maifons des Particuliers, dans les Villes, ne doivent point avoirplus de ſix toiſes de hauteur;& rarement ſont-elles ſi hautes, à moins qu'onmwen veuille faire des magaſins. Les Palais méme des Empereurs n'ontqu'un étage, quoiqu'on en voye quelquefois deux, aux maiſons particu-lieres. Ceſt la crainte des trembſemens de terre, aſſez fréquens au Ja-pon, qui aſſujettit les Habitans à cette méthode. Mais, ſi ces Edificesne peuvent étre comparés aux nôtres, pour la ſolidité, ni pour Péleva-

tion, ils ne leur cedent rien pour la commodité ni pour Fagrément. Preſ-que

(a) Kæempfer, Tom. II. pag. 220, 221.