DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 369
que toutes les maiſons du Japon ſont bâties de bois. Le premier plan, oule rez-de-chaufſée, eſt élevé de quatre ou cinq pieds, pour le garantir dehumidité. II ne parott pas que Puſage des caves y ſoit connu. Kæmp-fer a déja fait remarquer que, pour précaution contre le feu, chaque mai-ſon doit avoir un endroit ſéparé,& fermé d'un mur de magonnerie, oùl'on renferme ce qu'on a de plus précieux. Les autres murailles ſontde planches,& couvertes de groſſes nattes, qui ſont jointes avec beau-coup d'art.— 7*
LEs maiſons des perſonnes de diſtinction ſont diviſées en deux appar-temens; lun pour les femmes, qui ne ſe montre que rarement; F'autreouvert, pour les uſages communs de la vie& de la fociété. La plus bel-le porcelaine, ces cabinets, ces coffres ſi renommés, ne ſervent point dansles ſalles où tout le mondeè eſt regu. On les tient dans des lieux plus furs;& le reſte de la maiſon eſt orné de porcelaines communes, de pots pleinsde thé, de peintures, d'armes& d'armoiries. Le plancher eſt couvert denattes doubles& bien rembourrées, dont les bordures ſont des franges&des broderies. Chaque natte, fuivant la Loi, doit avoir une toiſe de lon-gueur, ſur une demie de largeur. La grandeur d'une chambre, comme onTa déja fait obſerver, ſe meſure par le nombre des nattes.
LEs deux appartemens, qui diviſent le corps de la maiſon, ſont com-poſés de pluſieurs chambres, féparées, comme on l'a vü dans le Palais méè-me de'Empereur, par de ſimples cloiſons, ou plutêòt par des eſpèces deparavents, qu'on peut avancer ou reculer, pour elargir les chambres, ou lesrétrécir, ſuivant Ie beſoin. Dans les maiſons les plus magnifiques, les cloi-ſons& les portes des chambres ſont couvertes de papier; mais il eſt ornéde fleurs d'or ou d'argent, quelquefois de peintures, dont le platfond eſttodjours embelli. II n'y a pas un coin qui n'offre quelque choſe de riant.A la vérité, tous ces agrémens coütent peu;& Ton n'y employe que desmatériaux communs. Cependant on obferve qu'ils contribuent, autant quela poſition des appartemens, à rendre les maiſons fort ſaines. Premiére-ment, tout eſt de fapin& de cédre. En ſecond lieu, les fenêtres ſont tel-lement ouvertes, qu'en faiſant changer de place aux cloiſons, on donne àFPair un paſſage libre. Le toit, qu'on couvre de planches ou de bardeaux,eſt ſoũtenu par de groſſes poutres;& ſi la maiſon a deux étages, le ſecondeſt toüjours bàti pſus ſolidement que le premier. Lexpérience a fait con-noitre qu'un Edifice en réſiſte misux aux tremblemens de terre. Les de-hors mont rien d'agréable pour la conſtruction; mais les planches, qui for-ment les murailles, ſont enduites d'une terre graſſe& dé pluſieurs couchesde vernis. Les toits méêmes en font couverts. Ce vernis eſt relevé dedorures& de peintures. Les fenêtres ſont chargées de pots de fleurs;&l'on y ſupplée par des fleurs artificielles, lorſque la Nature en refuſe d'au-tres. Dans Lintérieur, le vernis n'eſt pas plus épargné. Les portes, lespotcaux, une galerie, qui régne ordinairement ſur le derrière de chaquemaiſon,& d'ouùu Pon deſcend dans le jardin, en ſont revétues;& ſi le boiseſt ſi beau qu'on n'en veuille pas cacher les veines& les nuances, on ſe con-tente d'une couche legere& d'un vernis tranſparent. On ne trouve, dansles chambres, ni bancs, ni chaiſes. L'uſage, au Japon, comme dans tout
XIV. Part. Aaa le
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Appartemens& meubles.
Ornemenextéricurs.