DANS LEMPIRE DU JTAPON, Lrv. IV. z71
ce, qui eſt derrière la maiſon. II eſt ordinairement quarré& muré, en ma-niêre de citerne; ce qui fait juger que le terrain eſt ereuſé à quelque profon-deur. On y deſcend par une galerie, qui avance derriere la maiſon,& quieſt terminée par des bains; car les Japonois ont l'uſage de ſe baigner& deſe faire ſuer tous les jours au ſoir. 1b
UNE partie du jardin eſt pavée de pierres rondes, de diverſes couleurs,qu’'on prend au fond des Riviegres,& ſur le bord de la Mer. Le reſte eſtcouvert de gravier, qui ſe nettoye ſoigneuſement. Dans toutes les autres
arties, il régne une apparence de deſordre, f eſt d'un agrément infini.2 plus grandes pierres occupent le milieu, forment une allée, dans la-quelle on peut ſe promener. Des plantes, qui portent des fleurs, entreleſquelles il y en a tocjours quelqu'une de rare, ſont diſpoſées d'eſpace eneſpace,& forment la plus agréable variéte. A Pun des coin du quarré,un petit rocher, parfaitement imité de la Nature, orné de figures d'oi-ſeaux, ou d'inſectes d'airain, offre une caſcade, formée par un petit ruiſ-ſeau, qui ſe précipite avec un doux murmure. II! eſt accompagné d'unpetit bois, planté à la main,& compoſé d'arbres qui peuvent crottre fortprés les uns des autres. Enfin, l'on trouve, dans un autre endroit, un pe-tit vivier, environné d'arbres& rempli de poiſfon. Si le terrain ne per-met pas d'y faire un jardin de cette forme, on y ſupplée par des arbres àfruits, tels que des pruniers, des ceriſiers, ou des abricotiers. Kæmpferajonte qu'on a foin de les greffer, non pour en rendre le fruit meilleur, maispour y faire crotre les fleurs avec plus d'abondance. Ces arbres ſont d'au-tant plus eſtimés, qu'ils ſont plus vieux, plus tortus& plus difformes.On en laiſſe quelquefois crottre aſſez les branches, pour les faire entrer dansles chambres: mais Puſage ordinaire eſt de les ébrancher, pour leur fai-re porter des fleurs plus larges& en plus grand nombre. Elles ſont eneffet dune grandeur finguliére, ſouvent doubles,& d'un tres-bel incar-nat. Dans les petites maiſons, qui ne peuvent pas même avoir de cesarbres, on pratique une ouverture, oùð lon entretient, dans une cuvepleine d'eau, des poiſſons qui ont la queue dorée ou argentée. On y ajoũ-te quelques pots à fleurs, ou certains arbres nains, qui croifſent aifémentdans le plus mauvais terrain, pourvꝑſ que la racine foit tofjours dans'eau.Le peuple même en plante fouvent de cette eſpéce, devant les portes desmaiſons.
EEs Bourgs& les Villages, dont Kæmpfer fait monter le nombre juſ-qu'à neuf cens mille huit cens einquante-huit,& qui ſont ordinairementſitués le long des grands chemins, paroiſſent fort peuplés, fur-tout dans lagrande Iſle de Nipon. La plüpart ne conſiſtent que dans une double ran-gée de maifons, mais ſi longue que, d'un Village à l'autre, il n'y a preſ-que point de ſéparation. Ainſi toutes les routes un peu fréquentées n'of-frent, des deux côtés, qu'une ſuite continuelle de maiſons. Celles desſimples Payſans méritent peu de remarque. Elles ſont compoſées de quatremurailles baſſes, couvertes d'un tott de chaume ou de bardeaux. Sur lederriére, le plancher eſt un peu plus élevé, parceque c'eſt la partie du foyer.Tout le reſte eſt couvert de nattes aſſez propres. Derrière la porte de laruc, qui eſt toũjours ouverte, on voit pendre une rangée de grofles cordes,
Aaa 2 qui
DeschrmrronDU Jarox.
Maiſons desBourgs& de-Villages.