Band 
Tome quatorzième.
Seite
383
JPEG-Download
 

DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 383

rent ſcavoir quelle étoit cette Doctrine, qui donnoit tant de joye à ſesSectateurs, au milieu mêeme des ſupplices;& lorſqu' ils en furent inſtruits,ils marquérent la même ardeur à embraſſer(L).

1. zE ſfuccès du Commerce croiſſant avec celui de la Foi, les MarchandsPortugais épouſoient les filles des plus riches Habitans;& ceux qui refu-ſoient dèé s'établir au Japon, emportoient chaque année d'immenſes tréſors.Le gain qu'ils faiſoient ſur les marchandiſes de'Europe étoit de cent pourcent. Kæmpfer, entrant dans le détail de leurs profits, parle d'un petitNavire de leur Nation, qui emporta tout dun coup plus de cent tonnesd'or(c). C'eſt du méême Voyageur qu'il faut apprendre la cauſe de leurchůte,& celle de Paccroiſſement des Hollandois, qui ſont parvenus à lesſupplanter. Si ſa qualité de Proteſtant peut le rendre ſuſpect, dans ce quitouche la Religion Romaine, on ſera guéri de ce ſoupgon, lorſqu'on le

verra traiter les Hollandois avec la même liberté: rare exemple de bonne-foi, fur-tout dans un point qui avoit paſſé pour obſeur juſqu' à lui,& quin'a jamais été ſi nettement expliqué.

„ Paàr fouvent entendu raconter, dit-il, par des Japonois dignes de foi,„ que l'orgueil& Pavarice contribuérent beaucoup à rendre toute la Na-„ tion Portugaiſe odieuſe au Japon. Les nouveaux Chrétiens même étoient„ſurpris,& ſouffroient impatiemment que leurs Pêres ſpirituels n'euſſent„ pas ſeulement en vüe le ſalut de leurs ames, mais euſſent aufſi l'œil„ fur Pargent de leurs Proſelytes& ſur leurs terres;& que les Marchands,„aprés s'tre défaits de leurs marchandiſes à trés-haut prix, exergaſſent en-„ Core des ufures inſupportables. Les richeſſes,& le ſuccès imprévü„ de la propagation de'Evangile, enflérent d'orgueil les Laiques& le„ Clergé. Ceux qui étoient à la téte du Clergé(4), trouvérent au-deſ-„ ſous de leur dignité d'aller toljours à pied, à l'imitation de Jeſus-Chriſt„& de ſes Apôtres: ils métoient pas contens s'ils ne ſe faiſoient porter„ dans de magnifiques chaiſes, imitant la pompe du Pape& des Cardinaux„ à Rome. Non-ſeulement ils ſe mettoient ſur le pied des plus Grands de

PEmpire, mais[enflés d'un orgueil éccléſiaſtique,] ils prétendoient à

22..„..„ 1 2.„ la ſupériorité du rang. IIl arriva un jour qu'un Evéeque Portugais ren-„ con-(5) Voyez la nouvelle Hiſtoire du Ja- dant la proſpérité de leurs affaires, ils por-pon. toient leurs marcharndiſes dans de grands Na-

c) Une tonne d'or eſt cent mille florinsde Hollande. Kæmpfer aſſure que pendantfort long-tems ils tiroient chaque année, duJapon, plus de trois cens tonnes. Dans leplus grand déclin de leur Commerce, c'eſt-à-dire, en 1636, ils tranſportérent, de Nan-gaſaki à Macao, deux mille trois cens cin-quante caiſſes d'argent, ou deux millionstrois cens cinquante mille taels. En 1637,Us en tirerent deux cens millions cent qua-rante-deux mille trois cens ſoixante-cinqtaels;&, en 1638, un million deux cens cin-quante-neuf mille vingt-trois taels. Dans letems de leur déclin, ils m'alloient plus au Ja-pon qu'avec des Galiotes, au-lieu que pen-

vires. Tome II. pag. 168 F 169.

(d) Kæmpfer ne fait tomber ſes accufa-tions que ſur les Prélats. IIl parle, au con-traire, avec une vénération ſurprenante,dans un Proteſtanc, de Saint François Xa-vier, premier Apòtre du Japon,& de tousles Miſſionnaires de la même Compagnie.Ces Religieux, dit-il, s'accréditoient par leurmodeſtie exemplaire, leur vie vertueuſe, l'aſ-ſiſtance deſintéreſſée qu'ils donnoient auxPauvres& aux Malades[& par la pompe&la majeſté de leur ſervice divin, à quoi lesJaponois prenoient un plaiſr ſingulier.]1 UbiJuprà, pag. 1065.

DeschrerIow-DU Japox.

ſant des Por-tugais au Ja

P On.

Cauſes deleur chuůte.