DrscarPrioNDU JAPoN.
Ils prétentleur ſecoursaux Japonoispour extermi-ner quarantemille Chré-tiens.
Jugementdes princi-paux Japonoisſur leur con-duite.
Tentativedes Portugais,pour rentreran Japon.
388 VONXAGE DE KXÆMPF ER
Mais Kæmpfer convient qu'ils furent mis à de rudes épreuves. En 1638,lorſque les affaires des Portugais parurent tout-à-fait deſeſperées, environquarante mille Chrétiens Japonois, réduits au defeſpoir par les cruarntésinouies qu'ils voyoient ſouffrir à leurs frères, dont pluſieurs milliers avofentdéja péri dans les ſupplices, choiſirent, pour azile, une vieille Fortereſſe,voilſine de Simabara, dans la réſolution d'y défendre leur vie juſqu'à l'ex-trémité. Les Hollandois, en qualité d' Amis& d'Alliés de Empereur, fu-rent pries d'aſſiſter les Troupes Impériales au Siéêge de cette Place. Koe-kebacker, Directeur de leur Commerce à Firando, ne tarda point à ſe ren-dre à bord du ſeul Vaiſſeau Hollandois qui füùt alors dans le Havre de cetteVille;& s'étant approché de la Fortereſſe de Simabara, il fit tirer contreles Chrétiens, dans l'eſpace de quinze jours, quatre cens vingt-ſix coupsde canon, tant du Vaiſſeau qu'il montoit que d'une Batterie qu'il avoit éle-vée ſur le rivage. Cette attaque diminua beaucoup le nombre des Aſſiégés,& ruina tellement leurs forces, qu'ils furent bien-tôt exterminés juſqu'audernier. Kempfer obſerve, avec tout le deſintéreſſement d'un honeteHiſtorien,„ qu'un empreſſement ſi ſoũmis, pour Pexécution d'un ordre„ qui entratnoit la deſtruction totale du Chriſtianiſme, aſſura leur établif-„ ſement au Japon, malgré le deſſein que la Cour avoit eu d'en exclure„ tous les Etrangers; mais que les Japonois, les plus diſtingués par leur„ Nobleſſe& par leurs ſentimens, ne portèrent pas un jugement favora-„ ble de leur conduite,&. du crédit qu'elle leur avoit fait acqueérir. II leur„ parut contre la raiſon, d'eſpérer qu’ ils puſſent étre ſincérement fidéles à„ un Monarque étranger, qu'ils regardoient comme un Payen; tandis qu'ils„ avoient montré tant d'ardeur à détruire des gens avec leſquels ils conve-„noient ſur les points fondamentaux de leur Foi, comme les Japonois l'a-„ voient appris des Religieux Portugais,& qui entroient dans le Ciel par la„ méme porte(i). Auſfſi la complaiſance& l'humilité des Hollandois, ajodũ-„ te le même Voyageur, a-t'elle ſi peu contribué à gagner la confiance ou„ amitié d'une Nation ſi fiére& ſi orgueilleuſe, qu'au contraire ſa jalouſie„& ſa défiance ont paru croitre, à proportion des preuves qu'elle a re-„ gues de lcur fidélité. Plus ils ſembloient mériter d'égards& d'affection,plus ils ſe ſont attiré de mépris& de haine(&)“.
Mals, avant que de repréſenter leur ſituation& leur Commerce, ſui-vons un moment les Portugais& les Caſtillans dans leur retraite. Le Gou-vernement de Macao, qui vit arriver une malheureuſe troupe de Fugitifs,ne put ſe perſuader que Pordre, qui les avoit chaſſés de leurs établiſſe-mens, aprés un ſiécle de poſfeſſion, füt une diſgrace irréparable. II réfo-lut de ne pas attendre que le ſouvenir de leurs anciens ſervices fut tout-à-
fait
22
dit;„S. M. Imp. eſt informée pour cer-„ entre vous, nous paroiſſent petits. Que„ tain, que vous tous, ainſi que les Portu-„ vous ſoyez Chrétiens, c'eſt ce qu'on ſcait„ gais, êtes Chrétiens; Vous obſervez le„ depuis long-tems; mais nous avions crù que„ Dimanche; Vous avez l'Ere Chrétienne;„ C'Ctoit un autre Chriſt,&c. R. d. E.
„ les dix«x Commandemens, l'Oraiſon Domi-(i) Geſt une expreſſion des Japonois, que„ nicale, le Symbole des Apotres,&c. En Kæmpfer a ſouvent entendue, lorſqu'il eſt„ un mot, c'eſt un même culte. Le princi- tombé avec eux ſur ce ſujet. Pag. 185.
„ Pal fe demontre; Les différends qui ſont(K) Pag. 185& 186.