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Tome quatorzième.
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DEschTIONDUJaPoN-.

Précautionsdes Japonois,depuis Pex-pulſion desFre.

Avantagesque les Hol-landois ont ti-rés de cetterévolution.

390 VOYXAGE DE KEMPFER

Cette retraite précipitée, dans des Ennemis ſi braves, fit juger au Prince,qw'elle n'étoit pas ſans deſſein;& ſoupgonnant de J'artifice, il rentra q'unfaut dans ſa Barque, ſous le prétexte d'exciter le reſte de ſes Troupes. Auméême moment, les Eſpagnols mirent le feu à quelques barils de poudre,qu’'ils avoient ſous le tillac,& qui firent ſauter tous les Japonois qui étoient

deſſus. Le Prince crut le péril à ſa fin,& commanda de nouvelles Trou-

pes, pour recommencer l'abordage; mais les Eſpagnols, s'tant retirés fousle ſecond pont, le firent ſauter comme le premier. Enſuite„ EStant deſcen-dus à fond de cale, ils continuérent la meme manœuyre pour le troiſiè-me. Ainſi la Mer& le Rivage ſe trouvéèrent couverts de Japonois mortsou bleſſfés, avant qu'ils puſſent attaquer des Ennemis, qui ne parurent en-fin que pour ſe defendre avec une réſolution furieuſe,& pour ſe faire tuerjuſqu'au dernier. II paroit même qu'en périſſant, ils trouvérent le moyende faire couler à fond les reſtes de leur Vaiſſeau; car on affara Kæmpferqu'on avoit péché, dans cet endroit, quantité de caiſſes d'argent,& que,depuis peu d'années, on en avoit encore tiré quelques-unes. Cette attaquecoüta la vie à plus de trois mille japonois(1).

ArRkts P'exécution des Ambaſfadeurs de Macao,'Empereur du Japon,informé que les Portugais étoient traités favorablement à la Chine,& qu'ilsavoient beaucoup de crédit dans cette Cour, ſe crut obligé, pour la füretéde ſes Etats, de prendre un grand nombre de précautions, qui durentencore. On fit batir, aun ſommet des montagnes, des Corps-de- Garde&des Guerites. On y entretient des Soldats, pour avertir, par des feux&d autres ſignaux, l'approche des Vaiſſeaux qui font voile vers le Japon.Sils en appergoivent dix ou plus, ils ſe hatent d'elever leurs feux, qui enfont allumer d'autres, de diſfance en diſtance, juſqu'à la Ville Impériale deJedo;&, dans Peſpace de vingt-quatre heures, la Cour peut être informéepar cette voye. Les ordres ſont d'autant plus faciles à donner, que parde fort bons Réglemens, chacun ſgait le poſte qu'il doit occuper à l'appari-tion de ces feux,& ce qu'il doit faire pour la defenſe commune.

REvENoORS aux Hollandois, qui devoient s'attendre, après leur triom-phe& pour prix de leurs ſervices(m), à ſe voir tout d'un coup en poſ-ſeffion, non- ſfeulement de la liberté qu' ils deſiroient pour leur Commerce,

mais

(I) Pag. 181& préeédentes. 28 Féêtes ſolemnelles; s'abſtenir de faire des

(m) Kæmpfer, quoiqu' attaché à leur Com-„ Prieres& de chanter des Pſeaumes en pu-pagnie& leur 2e1e Partiſin, parle, avec„ blic;&viter le ſigne de la Croix,& le nommoins de modération, des complaifances„ de Jeſus-Chriſt, en préſence des Naturelsqu’'ils opt eües pour les Japonois.„Lava-„ du Pays,& en géncral toutes les marques„ rice, dit-il,& l'attrait de or du Japon,„ extérieures du Chriſtianiſme; enfin, en-, ont eu tant de pouvoir ſur eux, quec plu-„ durer patiemment le procédé impérieux de„ t0t que d'abandonner un Commerce ſi lu-„ ces orgueilleux Infidéles, qui eſt la choſecratif, ils ont fouſtert volontairement une„ du monqde la plus choquante pour une amepriſon preſque perpétuelle; car g'eſt la pu-·„ bien née“. Pag. 186.re vérité, que l'on peut nommer ainſi no- Nora. Il y a effectivement un Ordre detre demeure à Deſima. IIs ont bien vou. M. M. les Directeurs, en datte du 26 Avrillu e-ſüper, pour cela, une infinité de du- 1650, qui defend à leurs Offciers au Japon,retés de la part d'une Nation étrangère& en général toutes marques extérieures dupayenne; ſé relacher dans la célcbration Chriſtianiſme. R. d. E.

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„ du Service Divin, des Dhnanches& des