DANS ELEMPIRE DU JAPONI, Lrv. Iv. z91
mais encore de tous les avantages dont ils avoient fait dépouiller leurs Ri-vaux. Cependant, ils regurent ordre de demolir le Comprtoir& le Maga-ſi qu'ils avoient bãätis depuis peu dans FIle de Firando; ſans autre raifonque parcequ'il étoit de pierre de taille, c'eſt-à-dire, plus beau que les Edi-fices ordinaires du Pays,& qu'ils avoient gravé, au Frontiſpice, l'annéede Ere Chrétienne. Enfuite ils ſe virent forcés d'abandonner entierementce Comptoir,& de ſe confiner dans la petite Ille qui avoit été batie pourles Portugais. On en a vü la Deſcription dans le Journal de Kæmpfer,qui la nomme une Priſon. Laà, ils ſont environnés d'une foule d'Officiers,de Gardes& de Surveillans Japonois, ſur-tout à''arrivée de leurs Vaiſ-ſeaux,& pendant la durée de leur vente. Tous ces Geoliers& ces Ef-pions, auxquels ils ſont obligés de payer eux-mémes des gages fort conſidé-rables, n'approchent d'eux qu'aprés s'etre engagés par un ferment ſolemnelà leur refuſer toute ſorte de communication, de confiance ou d— amitié.Dans l'Acte de ce ſerment, ils atteſtent les Dieux ſuprêmes, ils ſe ſoũmet-tent à leur vengeance,& à celle des Magiſtrats du Pays, eux, leur famil-le, leurs domeſtiques& leurs amis, s'ils n'exécutent pas fidelement chaquearticle. Enfuite ils le ſignent de leur cachet, trempé dans de Pencre noi-re, od ils verſent quelques gouttes de leur fang, qu'ils tirent en piquantun de leurs doigts derriére l'ongle. Un engagement ſi terrible le devientencore plus, par la rigueur avec laquelle on punit les moindres contraven-tions(n).
ArRkks le départ des Vaiſſeaux Hollandois, le Directeur de leur Com-merce part avec une ſuite nombreuſe, pour rendre ſes reſpects à Empe-reur& lui porter les préſens annuels de la Compagnie. Cette Ambaffadepaſſe pour un hommage, que la Nation Hollandoiſe rend à Empereur duJapon, comme à ſon Souverain. Aufſi preſcrit-on, à Ambaffadeur, laconduite qu'il doit tenir dans ſa route;& le nom commun qu'on lui donneeſt celui de Eitozitz, c'eſt-à-dire, Orage. Pendant le Voyage, on ne laif.ſe pas, aux Hollandois de fa ſuĩte, ni à lui-même, plus de liberté qu'à desPrifonniers. Il ne leur eſt permis de parler à perſonne; pas méme, ſansune permiſſion ſpéciale, aux Domeſtiques des Höôtelleries qui leur ſerventde logement. Lorſqu'ils y arrivent, on ſe hàâte de les mener au plus hautéStage de la maifon, ou dans les appartemens intérieurs, qui n'ont de vüeque ſur la cour;& pour s'aſfurer d'eux, on ferme les portes de la cour avecdes cloux. Leur cortége, qui eſt compoſé d'Interpretes, de Soldats, d'Ar-chers, de Porteurs& de Valets du Pays, doit étre entretenu aux fraix dela Compagnie des Indes(%).
OXx a vü, dans le Journal de Kæmpfer, avec quel air de dédain ils ſonttraités à la Cour. Tout Japonois, qui marque pour eux quelque égard ou-quelque amitié, n'eſt pas regardé comme un homme d'honneur„ qui aitpour fa Patrie Pattachement qwil lui doit. De-là vient lopinion bien éta-blie, qu'il eſt également glorieux& légitime de leur furvendre„ de leurdemander un prix exceffif des moindres denrées, de les tromper autant qu'il
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DrscamPrtoNDU. JspoN.Avec quellehauteur ilsöſont traités.
Sermentqu'on prêtecontr'eux
Combien ilsſont obſervésdans leursvoyages à laCour.
Principesdes Jabonols.