DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 399
tine, tirée des piſtachiers; de la gomme& de la myrrhe; des agathes; Dzscamriondu bois de calambouc, de Fſiampa, de Camboye,& des Pays voifins; le Po Jarox.précieux camphre de Baros, de IHle de Borneo; la racine de ginſeng qui
vient de Corée; pluſieurs drogues& remédes de la Chine, ſimpſes ou com-
poſés;& quantité de Livres Chinois, qui traitent de Philoſophie ou de
Religion. Aprés la faiſie des Livres Chrétiens, on ordonna qu'à lavenir, Deuz Cen-tous ceux, qui ſeroient apportés par les Chinois, ſeroient ſoümis à la cen- ſeurs au Ja-ſure de deux hommes de Lettres, établis par la Cour, avec des appointe- pon pour lesmens conſidérables; run, pour les Matieres Eccléſiaſtiques; l'autre, pour Lvres.
la Philoſophie, la Médecine&'Hiſtoire(9).
OQurRE les Hollandois& les Chinois, le Privilege du Commerce eſt ac- Marchandscordé aux Marchands des Ifles de Riuku, ou-de Liquejo; mais dans la ſeu- 5 Iſles dele Province de Satzuma. On a déja remarqué que, fous l'un ou Pautre de Liuejg.ces deux noms, il faut comprendre cette chaine d'lHles qui s'étendent, de-—puis les Còôtes Occidentales de Satzuma, juſques vers les Philippines. LeursHabitans parlent un Chinois corrompu, qui rend témoignage à leur origine;
& Fon ſçait que, de tout tems, les Chinois ont entretenu des relations de
Commerce dans ces Ifles. Il y en paſſa un grand nombre, apres la Con-
queéte de leur Empire. Quelque-tems apres, elles furent ſoümiſes par le
Prince de Satzuma, qu'elles regardent comme leur Conquerant,& qui en
tire un tribut; mais loin de reconnoitre l'autorité de l'Empereur du Japon,
elles envoyent chaque année un préſent au Monarque Tartare de la Chine,
comme une marque de leur foumiffion. Aufſi leurs Habitans ſont-ils traites Leur Com-comme Etrangers par rapport au Commerce. Tous les Ports de IEmpire merce avec leleur ſont fermés, à l'exception du Havre de Satzuma. La quantité de g bor.marchandiſes, qu'ils peuvent y vendre, eſt limitée auffi à la ſomme annuel- ⁰⁷ ³ Satzuma.le de cent vingt-cinq mille taels. IIs y portent toutes ſortes d'étoffes de
ſoye,& d'autres marchandiſes de la Chine; quelques denrées de leur pro-
pre Pays, telles que du bled, du riz, des fruits& des légumes; de LAwa-
muri, qui eſt une ſorte d'eau-de-vie, tirée du ſuperflu de leur récolte; des
Takaragais& des Fimagais, c'eſt-à-dire des nacres de perles;& cette eſpè-
ce de petites coquilles, qui ſe nomment Koris dans les Indes, d'où elles ſe
tirent, particuliérement aux Iles Maldives. Celles de Riuku, que les Ha-
bitans trouvent en abondance ſur leurs Còôtes, ſervent à compoſer un fard
blanc, à Puſage des jeunes gargons& des filles. Ils portent aufſi quantité
de grandes coquilles, plattes, polies,& preſque tranſparentes, qui ſervent
de vitres aux Japonois pour leurs fenêtres; des fleurs rares, des plantes,
& d'autres productions de leurs Hles.
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§5. VIII.Religions, Sectes, Prétres, Teomples, Pelerinager,& Curémonies du Japon.
A Üiberté, qui règnoit dans cet Empire avant la ruine du Chriſtianiſme, Diverfté
L-2ꝗ y avoit introduit quantité de Sectes eétrangères, au préjudice de l'an- de Religioncienne Religion du Pays. Quelques Auteurs en comptent juſqu'à douze,dont