DeschrerroNDU JaPox.
Ony a trou-vé des tracesdu Chriſtia-niſine.
D'oh ellesſont venues.
Trois prin-cipales Reli-gions du Ja-pon.
Religion duSinto, la plusancienne.
400 VOYAG E DE KEÆMPFER
dont les principes& les pratiques n'ont preſque rien de commun. Lesunes adorent le Soleil& la Lune,& d'autres offrent leur encens à diversAnimaux. Les Camis, premiers Souverains du Japon, les Foes, ou les Fo-toques des Indes, tous ceux qui ont contribus à peupler& à policer cesIſles, qui y ont porté des Loix utiles, quelque Science, quelque Art,&tous ceux qui y ont établi quelque nouveau Culte, y ont des Temples&des Adorateurs. La plüpart des Grands paſſent pour Athées,& croyentPame mortelle, quoiqu'à'extérieur ils faſſent profeſſion d'une Secte. En-ſin les Démons mêmes ont des Autels& des Sacrifices au Japon; mais ilsne doivent ces honneurs qu'à la crainte. On n'attend d'eux aucune fa-veur; mais on les redoute, parcequ'on leur croit le pouvoir de nuire,&Fon s'efforce de les appaiſer.
Cꝝ qu'il y a d'tonnant, obſerve le nouvel Hiſtorien, c'eſt qu'au milieude ce cahos de Religions, on a trouvé tant de traces du Chriſtianiſme,que nous n'avons preſque pas un myſtere, pas un dogme, ni même unepratique de piété, dont il ne ſemble que les Japonois ayent eu quelqueconnoiſfance. On pourroit juger qu’'il avoit anciennement pénétré parmieux, ſoit directement& dans toute ſa pureté(), ſoit indirectement& déjacorrompu par les Indiens, les Tartares& les Chinois, qui Pont recu, com-me on ne lignore point aujourd'hui, des Syriens, Sectateurs de Neſtorius.Mais comment concevoir que les Japonois euſſent conſervé la forme exté-rieure d'une Religion, dont ils avoient entiérement perdu Fidée? L Hiſto-rien, que je cite, eſt plus porté à ſe perſuader que ces pratiques ne ſontpas plus anciennes, au Japon, que larrivée des premiers Navires Portu-gais. Une Nation ſi libre& ſi curieuſe peut avoir embraſſé, à la premié-re vũe, certains uſages, dont elle ſe promit de l'utilité. Tel eſt celui duSigne de la Croix, pour chaſſer les Démons(5). Si on prétend qu'uneorigine ſi moderne auroit été reconnue à la trace, par les premiers Miſſion-naires, le même Ecrivain répond, qu'avant qu'ils ayent pu tourner leurattention à ces recherches, il n'eſt pas impoſſible que la trace ſe ſoit per-due, dans un Pays où la ſuperſtition fait faiſir d'abord tout ce qui paroitmerveilleux, ſans en examiner trop la ſource(c).
A T'arrivée des Portugais, le Japon avoit trois Religions principales.10°. L'ancienne, nommée Sinto. 29. Le Budſo, ou le Culte des Idoles étran-géres, apporté du Royaume de Siam, ou de la Chine. 30. Le Siuto, oua Doctrine des Philoſophes& des Moraliſtes.
LEs fondemens de la premieère ſont les méêmes que ceux de Empire&des deux premieres Races Impériales, tels qu'on les a déja repréſentés(d);
C'eſt-
(a) Un Evéque Arménien aſſura un des admirablement la vérité de cet avis, par la
premiers Miſſionnaires Jéſuites, que les Prê-tres de ſa Nation avolent portée l' Evangileaux Japonois. Hiſtoire du Fapon, Tome I.pag. 262.
(b) On manda, à Saint-Frangois NXavier,lorſqu'il étoit encore aux Indes, qu'une Mai-ſon japonoiſe en avoit été délivrée par l'ufa-ge de ce Signe. Ibid. pag. 263.
Nota. Les Japonois ne prouvent-ils pas
haine qu'ils portent au Chriſtianiſme? Si lesMiracles en étoient encore le caractère, com-me Mrs. les Jéſuites le prétendent, ce ſe-roit un avantage qui abrégeroit beaucoupleurs travaux, fur-tout aux Indes Orientales.R. d. E.
(c) Ibid.
(d) Voyez, ci-deſſus,„ III.