DrschRITTITONDE Ls Noo-vELLE EsPA-CNE.Différenced'Ordres dansla Nobleſſe.
Réglementdes Tributs.
58s8 DESCRIPTION DU MEXIQOUE,
Mort pour y ſuppléer;& de quelque mérite ou de quelque diſtinctionque fat''Héritier, il m'étoit pas affranchi de cette tutele avant Iâge detrente ans(F†).
Lr Mexzique avoit une ſorte de Seigneurs, qu'Herrera compare aux Com-mandeurs de Caſtille, c'eſt-à-dire, qui recevoient de la faveur du Souve-rain, ou pour récompenſe de leurs ſervices, des Terres dont ils n'avoientla proprieté que pendant leur vie. IIy avoit un autre Ordre, qui ſe nom-moit, en langage du Pays, les grandes Parentés,& qui étoit compoſé desCadets du premier Ordre. II Stoit ſubdiviſé en quatre autres claſſes, quirépondoient aux quatre premiers dégrés de Parenté,& qui tiroient leurdiftinction du plus ou moins d'éloignement de leur origine. Tous ceuxqui deſcendoient plus loin étoient compris dans la quatriéme claſſe. Ou-tre le droit de pouvoir ſucceder aux Chefs de leur race, lorſqu'ils y 6-toient appellés, leur Nobleſſe les exemptoit de tributs. La plüpart étoientemployés dans les Armées;& c'étoit parmi eux qu'on choiſiſſoit les Am-baſfadeurs, les Officiers des Tribunaux de Juſtice,& tous les Miniſtrespublics. Les Chefs de race étoient obligés de leur fournir le logement&la ſubſiſtance.
Tous les Caciques jouiſſoient des droits de la Souveraineté dans l'éten-due de leur Domaine. IIs tiroient un Tribut particulier de tous leurs Vaſ-ſaux, ſans en excepter cette eſpèce de Seigneurs dont les biens ne ſetranſmettoient pas par ſucceſſion,& qui n'en jouiſſoient que par la dona-tion de lEmpereur. Les Officiers mêmes payoient le tribut de leurs Off-ces, comme les Marchands celui de leur Commerce. Mais ils n'étoientpas obligés à d'autres ſervices, tels que les ouvrages publics, le labouragepour les Seigneurs,& divers aſſujetiſſemens qui étoient le partage duPeuple. IIs avoient même entr'eux une eſpêce de Syndic, choiſi dansleur Corps, pour traiter de leurs affaires avec les Seigneurs,& pour règlerannuellement leurs comptes. Le plus malheureux Ordre des Pributairesétoit celui des Laboureurs, qui tenoient les Terres d'autrui. Ils ſe nom-moient Mayeques. Tous les autres Vaſſaux pouvoient avoir des Terres enpropre ou en commun; mais il n'étoit permis aux Mayeques que de les te-nir en rente. IIs ne pouvoient quitter une Terre pour en prendre uneautre, ni jamais abandonner celles qu'ils labouroient,& dont ils payoientla rente en nature, par d'anciennes conventions dont l'origine étoit incon-nue. Leurs Seigneurs avoient ſur eux la Juriſdiction civile& criminelle.IIs ſervoient à la guerre, parce que perſonne n'en étoit exempt; mais onapportoit beaucoup d'attention à ne pas trop diminuer leur nombre,& lebefoin de Troupes devoit être fort preſſant pour faire oublier que les Maye-ques étoient néceſſaires à l'agriculture..
L'ExEMPTION du Tribut mStoit accordée qu'aux Enfans qui étoient ſous lepouvoir de leurs Péres, aux Orphelins, aux Vieillards décrepits, aux Veu-ves& aux Bleſſés. II ſe levoit avec beaucoup d'ordre, dans les Villagescomme dans les Villes. Le plus commun étoit celui de maiz, de faſéoles,& de coton. Les Marchands& les Ouvriers le payoient de la matiere or-
dinaire(†) midem.