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Tome dix-huitième.
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OUDELA NoOUVELLE ESPACGNE, Liv. II. 589

dinaire de leur commerce ou de. leur travail. On ne v'impoſoit point partéte, mais chaque Communauté avoit ſa taxe, qui ſe diviſoit entre ſesMembres;& tous les Particuliers faiſoient leur premier devoir de payer leurportion. Les Tributs de grains étoient recueillis au tems de la récolte. Ceuxdes Marchands& des Ouvriers ſe délivroient de vingt en vingt jours, c'eſt-à-dire, de mois en mois. Ainſi Fon portoit des Tributs pendant toute lan-née. La méme régle s'obſervant pour les Fruits, le Poiſſon, les Oiſeaux,les Plumes,& la Vaiſſelle de terre, les Maiſons des Seigneurs ſe trouvoientfournies, ſans embarras& ſans interruption. Dans les années ſtériles&dans les maladies contagieuſes, non-ſeulement on ne levoit rien; mais ſiles Vaſſaux d'un Cacique avoient beſoin d'être ſecourus, il fourniſſoit, defes Magaſins, des alimens aux plus pauvres,& des graines aux autres pourſemer. Le ſervice perſonnel des Mayeques conſiſtoit à bàtir pour leursSeigneurs,& ſur- tout à leur porter chaque jour de l'eau& du bois. Cedernier office étoit reparti entre les Villages& les Quartiers; de ſorte quęle tour de chacun ne revenoit pas ſouvent. S'il étoit queſtion d'un Edifi-ce, ils s'y employoient avec autant de ſatisfaction que de zeèle. Hommes,Femmes& Enfans, ils mangeoient à des heures rêglées. On a ſouventobſervé qu'ils ſont peu laborieux, lorſqu'on les applique ſeuls au travail,&que ſix Mexiquains, occupés ſéparément, avancent beaucoup moins qu'unEſpagnol. Comme ils mangent peu, leurs forces ſemblent proportionnéesà leur nourriture. Cependant lorſqu'on trouve le moyen de les faire tra-vailler enſemble,& par quelque intérèt différent de la crainte, ils ne per-dent pas un inſtant. Leur reſpect étant preſqu'égal pour leurs Caciques&pour leurs Dieux, ils n'épargnoient pas leurs peines dans la conſtruction desTemples& des Palais. On les voyoit ſortir de leurs Villages au lever duSoleil. Aprés avoir laiſſé paſſer le froĩd du matin, ils mangeoient ſobre-ment quelques proviſions qu'ils portoient avec eux. Enſuite, chacunmettoit la main à Pouvrage, ſans attendre qu'il fut preſſé par Pordre oules menaces des Chefs;& le travail continuoit juſqu'à la premieère fras-cheur de la nuit. La moindre pluie leur faiſoit chercher à ſe mettre àcouvert; parce qu'étant nus& connoiſſant le dangereux effet de leurspluies, ils craignoient d'y être long-tems expoſés. Mais ils revenoientgayement, auſſi-tõôt qu'ils voyoient je tems s'Sclaircir;& le ſoir, retour-nant ſans impatience à leurs maiſons, où leurs Femmes leur faiſoient dufeu& leur apprétoient à ſouper, ils s'y amuſoient innocemment au milieude leur Famille(g).

LàA Province des Matalzingas n'avoit que trois véritables Seigneurs; lun,qui tenoit le premier rang;& les deux autres qui le reconnoiſſoient pourleur Superieur commun, avec quelque inégalité entr'eux. mêmes. Lorſquele premier venoit à mourir, le ſecond prenoit ſa place,& le troiſiéme pre-noit celle du ſecond. A la place du troiſieme, on nommoit le Fils du pre-mier, lorfqu'il en paroiſſoit digne; ou ſon Fréere, s'il manquoit quelquechoſe au mérite du Fils. Ainſi nul d'entr'eux ne ſuccedoit à ſon Peère.Lorſque c'étoit celui du milieu qui étoit enlevé par la mort, on lui donnoit

pour

g) Herrera, ibid. Chap. 17.

b

DEzscafrrion

DE LA Nov-

vEILLE EspAGNE.