M iſteque.
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o DESCRIPTION DU MEXIQUV,
pour Succeſſeur le Fils du premier. II n'x avoit que le troiſième, auquelfon propre Fils ou ſon Frêre pouvoit ſucceder; mais dans tous les cas,cC'étoit toüjours le plus digne qui étoit appellé à ſa ſucceſſion. Ces troisCaciques avoient leurs Terres féparées lune de l'autre, qu'ils nommoientKalpules,& les deux ſubalternes faiſoient aſſidüment leur cour au premier.
Dans la Province d'tlatan, qui touchoit à celle de Guatimala, les Eſpagnols
vérifiérent, par des peintures, que depuis plus de huit cens ans il y avoitauſſi trois principaux Seigneurs, dont la fucceſſion avoit tojours ſuivi lemeêeme ordre. La diſtinction de leur rang n'étoit marquée que par celle de
leurs ſiéges: le premier avoit au ſien trois tapis de plumes pour doſſier; lefecond en avoit deux,& le troiſième un ſeul(h).
AvàAxr la Conquete du Mechoacan, le principal Cacique de cette grandeprovince faiſoit ſa réſidence dans une Ville conſidérable, qui ſe nommoitZinzoatza, c'eſt-à-dire Lieu rempli dOiſeaux. Quoique le Pays produiſitabondamment toutes fortes de biens, la plus riche partie du Tribut con-fiſtoit en plumes, dont on faiſoit de précieux tapis& d'autres ouvrages.On obſerve que de tous les Peuples du Mexique, c'etoit celui qui avoit laplus juſte nötion d'une Divinité ſupr'me, d'un Jugement dernier, du Ciel& de'Enfer. Le Dieu du Mechoacan ſe nommoit Tucapacha. II Stoit re-gardé commée'Auteur de tout ce qui exiſte,& comme l' unique arbitre deja vie& de la mort. Ses Adorateurs'invoquoient dans leurs afflictions, enjettant les yeux vers le Ciel, qu'ils prenoient pour la baſe de ſon Trõne.Leurs idées, fur Porigine des choſes ſembloient venir de plus loin que lesfables du Paganiſme. IIs racontoient que Dieu avoit crés de terre unHomme& une Femme; que ces deux modéles de la race humaine, s'tantallés baigner, avoient perdu leur forme dans l'eau; mais que leur Auteurla leur avoit rendue, avec un mélange de certains métaux,& que leMonde étoit deſcendu d'eux; que les Hommes étant tombés dans l'oublide leurs devoirs& de leur origine, ils avoient été punis par un Délugeuniverfel, à exception d'un Prêtre Indien, nommé Tezpi, qui s'étoit misavec ſa Femme& ſes Enfans dans un grand coffre de bois, où il avoitraſſemblé auſſi quantité d'Animaux& d'excellentes ſemences; qu'apréès laretraite des eaux, il avoit laché un Oiſeau nommé Aura, qui n'étoit pasrevenu,& ſucceſſivement pluſieurs autres, qui ne s'étoient pas fait re-voir; mais que le plus petit,& celui que les Indiens eſtiment le plus pourla variété de ſes couleurs, avoit reparu bien-têt avec une branche diar-bre dans le bec. Les Prêétres du Mechoacan portoient des Tonſures,comme ceux de v'Egliſe Romaine,& faiſoient retentir dans leurs Templesla menace des punitions d'une autre vie, avec des peintures ſi vives&ſi effrayantes, que, ſuivant expreffion d'Herrera, elles forgoient leursAuditeurs d'abandonner le vice, malgré le penchant qui les y attachoit(i).Cependant les Sacrifices humains n'étoient pas moins fréquens parmi eux,que dans la Capitale de 1Empire, dont ils paroiſfoient avoir emprunté leursprincipaux uſages.
DaANs la Province de Miſtegue, dont les Eſpagnols mont conſervé le
nom
(b) Wid. Chap. 18.(i) Eid. Liv. 3. Chap. 10.