DzschaürTrioxNDE LA Nov-vELLE EsPA-
Tepeaques.
592 DESCRIPTIONODU MEXID2UE,
vingt piés de circonference, qu'ils paroiſſoient avoir creuſés, par un longtravail, dans les plus durs Rochers. On remarque deux Montagnes d'unehauteur extraordinaire, qui ſont fort éloignées l'une de l'autre par le pié,mais dont les ſommets s'approchent ſi fort, que les Indiens ſautent d'uncôté à lautre(m).
LEs Habitans de la Province de Zapotecas étoient une Nation terrible.Leur principal Cacique faiſoit ſa demeure dans une grande Ville, qu'ilsnommoient Teozapotlan. IIs étoient en Guerre continuelle avec les Mixor;autres Barbares, dont les Montagnes du Pays étoient peuplées. Quoiquenus, les uns& les autres, ils avoient inventé des armes fort meurtrières.Jamais ils ne ſe rencontroient ſans ſe battre. Les Vainqueurs lioient leursPriſonniers par les parties viriles, avec la corde de leurs arcs,& les me-noient ainſi comme en triomphe, pour les employer aux ſervices de l'eſ-clavage ou pour les ſacrifier dans leurs Temples. IIls avoient à-peu-prêsla même Religion que les Mexiquains; mais leur uſage étoit de ſacrifier desHommes aux Dieux, des Femmes aux Déeſſes,& des Enfans aux petitesDivinités. IIs obſervoient des jenes de quarante& de quatre-vingt jours,pendant leſquels ils ne mangeoient, dans Teſpace de quarante ou de quatre-vingt heures, qu'une herbe médecinale, nommée Piſate. Leur principalCacique, qui étoit celui de Coatlan, ſe diſoit deſcendu en droite lignedu Chef de ceux qui échapèrent au Déluge général. Ses Vaſſaux, à quicette opinion le rendoit fort reſpectable, lui faiſoient des Sacrifices, com-me à leurs Dieux. Quelques Eſpagnols, d'un nom connu, ont rendu té-moignage qu'ils avoient vu le dernier de ces Princes,& que ſes Sujets nePavoient enterré qu'après avoir embaumé ſon corps. Depuis qu'ils ontregu le Chriſtianiſime, une maladie contagieuſe ayant fait beaucoup deravage dans leur Nation, ils recommengoient à ſacrifier à leur ancien Ca-cique;& la plüpart ſeroient retombés dans les abominations de’'Idolà-trie, s'ils n'euſſent été retenus par le zele d'un Evéque de Guaxaca. Onaſſure qu'ils ont, dans leur Canton, l'ouverture d'une Cave qui a deux censlieues de longueur(n).
LEs Tepeaques formoient une Nation particulière, qui étoit venue aſſezrecemment de Chimoztoc, Région ſeptentrionale dont le nom ſignifie lesſept Caves. Ils étoient partis, ſuivant leurs propres Annales, ſous la con-duite d'un Chef, nommé Quaviſthzac;& n'ayant point trouvé d'Habitansdans le Canton qu'ils occupent aujourd' hui, ils y bätirent la Ville de Te-peaca au ſommet d'une Montagne triangulaire; ce que ſon nom ſignifie.Enſuite s'étant répandus dans les Plaines voiſines, ils partagèrent leur Pro-vince entre les trois Fils de leur Chef, dont les Deſcendans rèêgnoient en-core à larrivée de Cortez,& ne reconnoiſſoient les Mexiquains que pourleurs Alliés. Les Temples du Pays ſont dans une ſituation ſi bien entendue,que le Soleil y donne un Eté continuel. Mais toute la Province eſt ſansRivieères& ſans Fontaines, à l'exception de quelques eaux aigres, qui ſor-tent entre des pierres. Les Indiens n'y boivent que de l'eau de pluie;
(m) Ibid. Chap. 14.(n) Lid. Ceſt peut-etre une faute d'im-preſſion, pour vingt ou pour deux.