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Tome dix-huitième.
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22 DESCRIPTION DU MEXINUE,

Dsscanrlox diens, qui font de grandes Plantations de ces arbres, n'avoient ſoin de

piquant ou la

ſon fruit avec

les en tirer lorſqu'ils voient le fruit ouvert. IIs étendent ſous l'arbre ungrand drap; enfuite, agitant les branches avec des baàtons, ils forcentFinſecte de ſortir& de voltiger autour de ſon arbre. Lardeur du Soleilfait tomber preſqu'auſſi tét ces petits Animaux, ſur le drap qu'on a tendupour les recevoir. IIs y meurent,& les Indiens les y laiſſent ſécher deuxou trois jours. De rouges qu’ils étoient en volant, ils deviennent noirslorſqu'ils ſont tombés;& peu aprés, ils blanchiſſent en ſechant, quoi-qu'ils prennent enſuite une autre couleur. Ceſt cet inſecte qui fait l'é-carlate. Les Eſpagnols donnent le nom de Tuna au Cochenillier. On envoit de vaſtes Plantations dans les Provinces de Guatimala, de Chiapa&de Guaxaco(p).

Laʒ plüpart des Relations, qu'on a citées pour la Nouvelle Eſpagne, par-lent de l'Arbriſſeau que Dampier nomme ici le Poirier piquant,& que d'au-tres ſe contentent de mettre au rang des Tunas, ſans expliquer ſes proprié-tés. Un Voyageur plus moderne, qui le donne pour le même que celuiqu'on nomme Kaquette, aux IHles, nous aſſure qu'on trouve dans ſon fruit,les véritables Inſectes du Cochenillier,& nous en apprend des ſingularitésqui peuvent jetter du jour ſur cette fameuſe Teinture. Le Poirier piquant,ou la Raquette, eſt une Plante qui aime les terres ſeches& ſabloneuſes,&dont les feuilles forment un ovale, un peu allongé par l'un de ſes bouts.Dans leur grandeur naturelle, elles ont depuis ſept juſqu'à neuf pouces delong, ſur trois ou quatre de large;& leur épaiſſeur eſt de neuf à dixlignes. La peau en eſt verte, mince& licée, aux endroits qui ne ſontpas chargés d'épines. La chair eſt blanchâtre, ſouple, de la conſiſtenced'une rave un peu flétrie,& d'un goꝑt qui ſeroit entiérement inſipide,ſans une petite amertume qu'il laiſſe dans la bouche. Les bords ſont char-gés de petits bouquets d'épines droites, courtes& pointues. Les deux ſu-perficies le ſont auſſi; mais les bouquets ſont bien plus gros,& les épinesplus longues& plus fortes; ils ſont éloignés d'un pouce les uns des autres,& poſés réguliérement en quinconce. Chaque bouquet eſt compoſé deſept, neuf& onze épines, dont celles qui approchent du centre ont unpouce de longueur,& les autres moins, à meſure qu'elles s'en éloignent.Elles ſont toutes extraordinairement fortes, roides& pointues;& quoi-qu’'à leur baſe elles ne ſoient pas plus groſſes que les plumes de P'atle d'unMoincau, elles percent un ſoulier du cuir le plus dur. Lorſque la tige adeux ou trois piés de hauteur, les feuilles, ou les pattes, pouſſent un fruità leur extrémité, dont la figure approche beaucoup de celle d'une Poire,ou plutêt d'une Figue. Il eſt d'abord verd& dur; mais il change de cou-leur en croiſſant; il rougit par dégrés,& devient enfin d'une vive couleurde feu, lorſqu'il eſt tout-à-fait mür. Il tient à ſa tige, par le plus petitbout,& préſente le plus gros, droit en l'air. C'eſt dans le point de ſamaturité qu'il ſort de ſon centre un bouton compoſé de cinq feuilles, quiforment, en s'épanouiſſant, une eſpèce de tulipe, de couleur orangée, oud'un rouge pâle. Cette fleur n'a point aſſez de conſiſtence pour ſe tenir

droite;

(p) Dampier, ubi ſuprà, page 244.