OU DE LA NOUVELLE ESPACNE, Lrv. II. 627
LEs Cocos& J'arbre qui les porte ont été mille fois célebres dans lesRelations; mais on n'y a point vu paroitre encore le Buiſön der Prunes deCoco, qui eſt fort commun dans'Yucatan& le Honduras. C eſt un arbriſ-ſeau de la hauteur de ſept ou huit piés, dont les branches s étendent beau-coup,& qui a Pécorce noire& unie. Ses feuilles ſont aſſez grandes, ova-les,& d'un verd foncé. Le fruit eſt de la groſſeur de nos groſſes Prunes,mais rond. II s'en trouve de blancs, de noirs,& de rougedtres. La peaueſt tres mince& fort unie, la poulpe blanche, molle& ſpongieuſe, pluspropre à être ſucée que mordue. Elle renferme un gros noyau, dont T'a-mande eſt molle. Cet arbre aime les bords de la Mer,& croĩt même damsle ſable; mais ſes prunes y ſont ſalées, quoique dans les autres lieux ellesſoient douces, agréables& fort ſeches(y).
LàA Vigne de la Nouvelle Eſpagne, ou du moins l'arbre qui porte uneeſpêce de raiſin, a deux ou trois piés de circonference. II s'élève de ſeptou huit;& de cette hauteur il pouſſe quantité de branches, dont les ra-meaux ſont gros& épais. Ses feuilles reſſemblent aſſez à celles du Lierre,mais elles ſont plus larges& plus fermes. Le fruit eſt de la groſſeur ordi-naire du raiſin,& croĩt en grappes ſur toutes les parties de l'arbre. Il de-vient noir en meuriſſant, quoiqu'intérieurement rougeâtre. Un noyau fortgros lui laiſſe peu de ſubſtance; mais elle eſt agréable& ſaine. Le tronc&les branches font un bon bois de chauffage().
Ox a vu, dans la deſcription géographique de la Baiece qui regarde le bois de teinture qui porte cie nom.
LARBRE que les Eſpagnols ont nommé, dans leur langue, AbricotierMeæiquain, eſt plus haut que nos plus grands Chenes. Ses feuilles reſſem-blent à celles du Laurier ſauvage,& ſon écorce à celle du Poirier. La chairde ſon fruit eſt peu différente de celle de nos Abricots, quoiqu'il ne leur reſ-ſemble nullement par la figure. II eſt de la groſſeur d'un Melon,& couvertd'une peau dure& épaiſſe. II'emporte beaucoup aufſi ſur l'Abricot parLodeur& le goüt. Les Eſpagnols cultivent ces arbres& font des confituresde leur fruit. IIs en ont tranſplanté dans l'Ifle Eſpagnole, où l'on obſerveque Vodeur du fruit attire les Sangliers dans la faiſon,& que ceux qui s'ennourriſſent ont la chair d'excellent go0t.
LEs Provinces de Chiapa& de Guatimala produiſent des arbrenent un Baume blanc, mais moins eſtiméCarthagene(a).
LEs Pins de la Nouvelle Eſpagne ſont d'utent, pour Pignons, qu'une eſpèce
de Campeche, tout
s qui don-que celui de Tollu, aux environs de
ne hauteur médiocre,& ne por-de pommes vuides(5b), qui croiſſentſur
(v) Dampier, Tome III. page 258.
„ différent du tout, parcequ'elles n'ont point(2) Ibid. 1
„ de pignons ni d'ccaille; mais le tout y eſt
(a) Acoſta, Liv 4. Chap. 28.
(5b) TLbid. Chap. 30. Le même Hiſtoriendonne le nom de Pinag ou Pomme de Pin auxAnanas de la Nouvelle Eſpagne. Voici ſadeſcription.„ Elles ſont, dit-on, de la„ méeme figure extérieure que les Pommes„ de Pin de Caſtille, mais au-dedans elles
„ une chair, que l'on peut manger, quand„ Fécorce en eſt dehors,& eſt un fi Uit ſa-voureux& délicieux au goꝑt. II eſt pleir„ de ſuc,& a la ſaveur d'aigre-doux: ils lemangent coupé en morceaux,& trempé„ dans de l'eau& du ſel. Quelques- uns„ diſent qu'il engendre la colere,& que l'uſa-
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DEsckIPrIoNDE LA Noo-vELLE EsPA-GNEBuiſſon dePrunes deCoco.
Vigne de laNouvelleEſpagne.
Bois deCampeche.L'AbriMexiqu
otier
Arbres àbaume.