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Tome dix-huitième.
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628
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DeschmrieNDE LA Novd-vELLE EsràA-

Le Molle.

Palto

Chicapotes.

Annone.

Capollies.

LAmatcaſtic.

62 8 DESCRIPTION DU MEXIQOUE,

ſur les boſſes, les nqœuds,& les autres excreſences de larbre. Les feuil-les de ce fruit én ſortent comme enveloppées les unes dans les autres, juſ-qu'a ce qu'elles s'Slargiſſent vers la pointe. Elles ſont d'une bonne épaiſ-ſeur, longues de dix à douze pouces,& ſi ſerrées, qu'elles retiennent l'eaude pluie. On a déja remarqué que c'eſt une admirable reſſource pourceux qui ſont preſſes de la foif. Un couteau, qu'on enfonce dans lesfeuilles, en fait ſortir leau de pluie, qu'on regoit dans ſon chapeau pourla boire(c).

LE Molle eſt un arbre Mexiquain, auquel on attribue de grandes vertus.Quelques- uns le croient originaire du Perou; mais il vient beaucoup mieuxdans la Nouvelle Eſpagne,& les Habitans tirent de ſes rameaux une eſpècede vin, ou de liqueur, qu'ils emploient à divers uſages(d).

LE Palto eſt un grand arbre, qui ſe trouve auſſi au Perou; mais ſon fruit,qui eſt une eſpèce de pomme, dont la chair eſt fort molle& renferme unnoyau, y a l'écorce fort dure: au lieu que dans la Nouvelle Eſpagne, il eſtrevetu d' une peau ſi déliée, qu'il ſe pele comme nos pommes. On le croitfort ſain().

LEs Chicapotes ſont un excellent fruit, qui croĩt dans les Provinces lesplus chaudes,& dont les Mexiquains font une eſpèce de marmelade, quiapproche du goꝑt& de la couleur du Cotignac. Acoſta n'eſt pas de l'o-pinion de ceux qui donnent la préference aux Chicapotes ſur tous les fruitsde'Europe(f). Mais il croit Annone de la Nouvelle Eſpagne fort au-deſſus de celle des Philippines& de tous les autres Pays des Indes. LesCapollies, qui ſont une eſpèce de Ceriſes, dont le noyau eſt plus gros quecelui des nötres, lui paroiſſent un fruit tréès agréable, qu'il n'a vu, dit-il,qu'au Mexique(g).

LE Coton crott dans toutes les parties chaudes de cette Région, ſur desarbriſſeaux, comme en Aſie,& ſur de grands arbres, tels qu'on en a décritdeux, après Dampier, dans la Relation de ſon Voyage autour da Monde.

L'Amatcaſtic, que d'autres nomment Texcalamat!,& d'autres Tepeamatl,eſt un grand arbre à larges feuilles, comme celles du Lierre, épaiſſes, pur-purines, à-peu-prèês de la forme d'un cœur. II porte une eſpèce de petitesFigues, d'un rouge qui tire auſſi ſur le pourpre,& remplies d'une petitegraine rouge. Laet panche aà croire que c-ieſt le même fruit, dont Cluſiag adonné la deſcription dans ſon Traité des Plantes exotiques. Ximenez nousapprend qu'en décoction il eſt rafratchiſſant pour la fiévre,& qu'une de ſespropriétés eſt d'évacuer la bile& le flegme, par des vomiſſemens& desſelles. Il en donne la doſe, qui eſt de trois onces de ſes racines, dans troislivres d'eau, qu'iil faut laiſſer réduire à la moitié(LH).

LE„ge n'en eſt pas trop ſain. On préſenta à(c) Dampier, ubi ſuprà, page 266; mais„ PEmpereur Charles-Quint un de ces Pi- il donne à ces Pins le nom de Pins ſauvages.„ nas, qui devoit avoir donné beaucoup de(d4) Acoſta, ubi ſuprà, Ch. 30.„ peine& de ſouci à l'apporter des Indes(e) Ibidem„ avec ſa Plante; toutefois il n'en voulut(f) Ibid. Chap. 25.

„ pas éprouver le goũt. J'ai vu en la Neuve(g) Tome XVI. de ce Recueil.„ Eſpagne, de la conſerve de ces Pinas, qui(⁵) Laet, ubi ſupra.„ Etoit fort bonne’“. Ibid. Ch. 19.