DEscalPrIoR
DE LàA Nobv-
vELLE EsrA-GNE.
Le Higuero.
Le Xalxo-cotl, ou leGuayabo.
Le Necotl.
Le Xochio-cotzolquaxi-
630 DFESCRIPTION DU MEXIQUE,
Un autre arbre, auquel les Eſpagnols ont fait perdre ſon nom Mexiquain,en lui donnant celui de Higuero, a les feuilles, la figure& la grandeur duMeurier. Son fruit eſt une eſpèce de gourde, de diverſes formes, dontles Mexiquains font les taſſes qu'ils nomment Tecomaters,& qui leur ſerventà prendre le chocolat. IIs en mangent la poulpe, lorſqu'ils manquent d'au-tres vivres.
LE Xalxocotl!, que les Inſulaires de'Eſpagnole nomment Guayabo, eſt ungrand arbre, dont on diſtingue pluſieurs eſpèces au Mexique. Ximenez endécrit deux: la premièére a les feuilles de l'Oranger, mais plus petites&velues, les fleurs blanches, le fruit rond,& rempli de grains comme les fi-gues. Ses feuilles, qui ſont acides, aſtringentes,& d'une odeur trées for-te, gueriſſent la galle par les bains. Son écorce eſt froide, ſeche& fortaſtringente. On lui attribue la vertu de guerir l'enflure des jambes, lesplayes fiſtuleuſes,& même la ſurdité. Le fruit eſt chaud& ſec,& ſent laPunaiſe; ce qui ne lempéche point d'être d'un fort bon got, qui le faitſervir aux meilleures tables. La ſeconde eſpèce porte un fruit beaucoupplus gros, dont P'odeur n'eſt pas ſi forte. Oviedo donne auſſi la deſcriptionde cet arbre& de ſon fruit(X).
LE Mizquitl eſt un arbre fort commun dans la Nouvelle Eſpagne, ſur-tout dans les parties montagneuſes. II eſt épineux. Ses feuilles font longues& étroites, de la forme de celles de l'ail. II porte des ſiliques, comme leTamarinde,& preſque de la même figure, remplies de graines d'un goütagréable, dont les Montagnards font une paàte qui leur tient lieu de pain.Ximenez juge, ſans expliquer ſur quel fondement, que c'eſt la vraye Caſſedes Anciens, qu'une extréme négligence, dit- il, a fait ignorer juſqu'àpréſent. On tire, des rejettons de cet arbre, une liqueur excellente pourles yeux;& l'eau méme, dans laquelle ils ont trempé, acquiert la mêmevertu.
LE Tecotl, que les Eſpagnols ont nommé Palmier der Montagnes,& quequelques Indiens nomment Quaublopopotli, eſt un arbre compoſé ordinaire-ment de deux ou trois troncs, qui naiſſent d'une même racine. Ses fleursſont blanches& odorantes, formées en ombelle,& compoſées de ſix péta-les. IIl en natt des fruits aſſez ſemblables à la pomme de Pin, de différen-tes groſſeurs,& de la couleur de nos chaätaignes. Laet, qui en avoit vupluſieurs, n'a pu décrire leur graine; parcequ'on les avoit apportés vuides,de la Nouvelle Eſpagne(1). Ximenez ſe contente de dire que ce fruit eſtfroid& viſqueux: mais il obſerve qu'on tire, des feuilles de l'arbre, un filplus fort, quoique moins gros, que celui du Metl ou du Maghey.
LE Xochiocot zolquagibuit! eſt un arbre réſineux, qui donne une eſpèce d'am-bre liquide. Il eſt d'une grandeur extraordinaire. Ses feuilles reſſemblentà celles du Larix(m),& ſont diviſées dans leurs deux parties en trois an-gles; blanchàtres d'un cõôté, d'un verd obſcur de l'autre,& dentelées àTentour. L'écorce du tronc& des branches eſt rouge en partie. On entire, par inciſion, une liqueur, que les Eſpagnols nomment Liquidambar,&
les
(k) Liv. 8. Chap. 19.(m) Ceſt une eſpèce de Sapin.7. Ij
) L1) Ubi ſupra, page 228.