DE L’ASTRONOMIE MODERNE. t y
le grand ouvrage „ a fans doute fait négliger les écrits desanciens astronomes , & les a fait difparoître. Semblable à unfleuve grossi du tribut de mille ruisseaux , dont les eaux fontconfondues &c les noms ignorés, PAlmageste a été considérélong-rems 6 c avec raison comme un recueil complet de toutesles connoissances astronomiques ; de là l’idée qu’il étoit le seulnécessaire. On a regardé les observations antérieures commedes échaffauds , qui avoient servi dans ce livre à construirela machine du monde. L’ouvrage fini , les anciens recueilsont paru inutiles ; on ne les a plus consultés , ils fe fontdétruits. Nous ne doutons pas que l’estime q u'o n a faite del’almageste, ne nous ait fait perdre une infinité d’autres restesprécieux de l’astronomie ancienne.
§. X I.
Dans le même terns Aratus, un poëre naiíïoic pour l’astro-nomie à Solis , ville de l’Asie mineure. Quoiqu’il ne fût pasde l’école d’Alexandrie , Tordre des tems exige que nous enparlions ici. II fleurit vers Tan 27 6 avant J. C., fous le régnéd’Anrigone, surnommé Gonatas, Roi de Macédoine. Ce PrinceTengagea à mettre en vers les deux ouvrages d’Eudoxe (a ) 3òl à embellir du charme de la poëlìe tout ce qui étoit connualors de la science astronomique. On ajoute qu’Aratus étoitmédecin , qu’Antigone ayant auprès de lui un astronomenommé Nicandre , chargea ce médecin d’écrire fur Tastro-nomie, 6é Tastronôme fur la thériaque. Ils firent Tun l’autreun mauvais ouvrage , ce qui est aisé à croire. L’auteur anonymede la vie d’Aratus détruit cette historiette , en prouvant queNicandre étoit fort postérieur à Aratus (b). Elle fe détruit
(a) Hist, de t’astr. ane. Liy, IX » §. ->
(í) ln yitâ Asfiti, JJranolog. p. j. 7 o»