puisqu’il est certain par leurs fausses émeraudes, & par uneinfinité de passages des auteurs (a) , qu’ils avoient l’art deteindre le verre en le fabriquant (A). On conclut encore du dé-tail de cette observation, que les pinnules n’étoient pas inven-tées. Si Archimede les eût connues, il n’eût pas eu beíoin dela correction délicate qu’il fit à fa premiere observation. Avecles pinnules , on ne se sert que d’un œil , & le sommet desangle est toujours au centre du trou de la pinnule. La mé-thode du petit cylindre nous rappelle le disque dont nous avonsparlé dans l’astronomie ancienne (c); instrument en usage autems d’Aristote , Lc fans doute long-tems avant, pour recon-noître les variations du diamètre de la lune. II est visible quela méthode d’Archimede n’est qu'une application ingénieusede l’autre méthode plus ancienne.
§. XVIII.
Aristarque, dans une école où l'on cherchoit à s’instruire,où les progrès étoient à peine commencés , n’oía se permettrede former des systèmes. 11 avoit assez de génie pour s’égarerdans des conjectures nouvelles , il eut le bon esprit de bienchoisir dans les systèmes anciens. Mais cn adoptant l’hypothèíedu mouvement de la terre (ù) , il heurta l’opinion consacréepar les siécles èc par la multitude. Aussi fut-il comme Galilée ,accusé d’impiété par le stoïcien Cléanthès, pour avoir troubléle repos de Vesta, c’est-à-dire de la Terre & des dieux Lares ,protecteurs de l’univers (c). On trouve partout le même empres-
sa) M. de Valois, Traité du verre.
Hist. Acad. Inscripc. Tome I, p. i n.
{b) M. le comte de Cailus a en effet trouvét]ue Senecjue parle du verre enfumé dontnous nous servons pour observer le soleil,dans son premier íivrç des Questions na-turelles.
Mém. Acad. Inscrip. Tome XXVII»
p. 6 1.
(c) Astr. anc. Liv. IX , tz. 10.
(d) Archimede , ìn arert. Vallis 3 T. III,
P- 5-4-
(c) stlutarc^ue , de fade in oro. lun « ,
S- 4-