DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 103
éclat est susceptible d’augmentation ou de diminution. Le ciel yainsi décrit par Hypparque , fut un héritage qu’il laissa à lapostérité.
§. XXIV.
I l y a cependant quelque chose à rabattre des éloges exa-gérés de Pline , ou du moins , comme il n’étoit point assezinstruit de la science, il faut ramener ces éloges fur leur véri-table objet. D’abord Hypparque 11'est point le premier qui aitcompté les étoiles ; il y a lieu de croire que les anciens Orien-taux en avoient fait quelque dénombrement. Pline appuie lui-même ce sentiment, en diíant ailleurs que les anciens comp-toient 1600 étoiles dans les constellations du ciel. Hypparqueen a compté beaucoup moins ; mais ce qui décide la question yc est qu’Eratosthenes , comme nous avons dit , nous a laisséune description du ciel dans laquelle les étoiles de chaqueconstellation font comptées ; il en trouve en tout un peu plusde 700. Hypparque n’est pas même le premier qui ait observéles polirions des étoiles , en mesurant en degrés leur distanceà l’équateur & aux colures ; Aristide ôc Timocharis l’avoienttenté avant lui : ce qu’il a fait , ce qui lui appartient , c'estd’avoir fait un dénombrement plus exact: des étoiles visibles àla vue ; il en compte 300 de plus qu’Eratosthenes : c est d’avoirobservé les positions de toutes ces étoiles , tandis que ses pré-décesseurs n’en avoient observé que quelques-unes. Cette entre-prise d’Hypparque , quoiqu’elle ne fût pas fans exemple doitêtre admirée par détendue de son objet , par l’immensité dutravail 6 c par le succès de l’exécution : il sentit la nécessité del’ouvrage , il eut le courage de le commencer ôc de le sirir.Les astronomes avoueront que ce mérite vaut bien celui d’avoirle premier compté les étoiles. 11 faut savoir louer les gens loua-