DE L’ASTRONOMIE MODERNE. n 3
le résultat d’une observation. Mais les siécles d’Eratosthenes 6cde Posiidonius n ont pu faire cette observation ; 6c, à moinsqu’on ne veuille supposer, contre toute vraisemblance , queces déterminations font dues au hasard , 6c ont été inspiréespar une forte de divination , il est évident que ce font desconnoiffances antérieures : elles font différentes de celles d’Era-tosthenes , parce qu’elles ont été puisées dans des manuscritsdifférons ; elles appartiennent toutes à un peuple qui a eu,comme nous, plusieurs degrés de connoiffances. Si les sciencespérissoient en Europe , 6e que le hasard conservât quelquesdéterminations de Tycho 6e de Casiìni, quoiqu’elles euffentles mêmes objets , elles offriroient 6e des nombres 6e des degrésd’exactitudes différens.
Posiidonius étoit stoïcien dans toute la rigueur du mot.Tourmenté des plus violentes douleurs de la goutte, il disoit:ô douleur ! je ne conviendrai jamais que tu fois un mal {a).Cette espece de philosophie est sans doute un abus de la raison.La douleur est aussi réelle que le plaisir ; il est naturel de lafuir. Mais faîne exercée à la combattre, devoit acquérir uneforce prodigieuse , 6c ce courage de l’esprit étoit propre auxplus grandes choses. Pompée , vainqueur de Mithridate 6c de -l’Asie , vint visiter Posiidonius ; il défendit aux Licteurs defrapper, 6c fit déposer les faisceaux à la porte du philosophe.II rendort cet hommage à la vertu, comme les autres hommesle rendent à la puissance. Les exemples pareils íont rares. Si lavertu ne se suffisoit pas à elle-même, les honneurs qu’on luirend ne la perpétueraient pas fur la terre.
§. X L.
C léo me de vécut peu de te m s après Posiidonius; 6c il
(4) Cicéron, Quest, Tuscul. Lib. II t 15.
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