Band 
Tome premier.
Seite
124
JPEG-Download
 

ii4 HISTOIRE

nous a conservé la plus grande partie des choses, qui nousfont restées de ce philosophe. II établit dans son livre de laThéorie des corps célestes, que la terre, vue du soleil, ne leseroit que comme un point , mais que de la distance desétoiles, elle ne seroit point du tout visible, quand même elleauroit l’éclat du soleil ; d'où il conclut que les étoiles fontbeaucoup plus grandes que la terre. Cette idée vraie &í philo-sophique montre le progrès des connoissances.

Cléomede avoit entendu parler d’un phénomène assez extraor-dinaire, mais qu’il n’avoit jamais observé. C’est de voir d’un côtéle soleil sur l’horizon, & de l’autre à l’opposite la lune éclipsée (h).Cléomede nia la possibilité du phénomène ; il affirma qu’il n’yen avoit point d’exemple dans l’histoire connue des éclipses,II falloit bien cependant qu’on eût vu de ces éclipses singu-lières , où les deux astres font élevés à la rois fur l’horizon parl’effet de la réfraction , puisque Cléomede fut dans le casde les nier. Dans le tems de la renaissance de l’astrcnomie ,il étoit naturel de remettre les anciennes opinions au creuset.Celle-ci parut une erreur populaire. Cléomede se íondoit surun principe certain ; c’est que la lune, quand elle s’éclipse ,est directement opposée au soleil, éloignée de cet astre de lamoitié du ciel. Dès qu’on la volt éclipsée, & au-dessus del’horizon, il faut nécessairement, que le soleil soit au-dessous.Tout cela seroit vrai , s’il n’y avoit pas de réfraction. II nial’exphcation qu’on en donnoie par l’tlévation de l’œii fur larondeur de la terre , affirmant que lelévation ne suffiroit pointà cet effet ; mais Cléomede va plus loin , & il tente d’expliquerle fait quií ne. croyoit pas. II en donne d’abord une assezmauvaise raison, en disant que l’image du soleil déjà descendu

{a) Cleom;de , Lié, II t cap. $.