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Tome premier.
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ï 54 HISTOIRE

terre, est arrivée enfin à se familiariser avec elle-même ; saperfectibilité a produit ces sentimens d’humanité Sc d’amour,qui tendent à rapprocher tous les hommes , Sc à ne montrerfur le globe qu un peuple de freres. Les idées de société géné-rale , de cosmopolisme , sont des idées très - modernes ; auíTifont - elles peu répandues , Sc n’ont - elles germé que dansles âmes douces Sc dans les têtes philosophiques. D’ailleursque pourroit-on conclure de ces communications ? Jamaiselles n’ont été si ouvertes, les peuples si réunis qu’ils le fontaujourd’hui dans l’Europe par le commerce , les arts Sc lessciences ; cependant les lieues, Sc en général toutes les me-sures de ces peuples font différentes : elles n’ont point d’unité,à laquelle on puisse également les rapporter ; elles ne présen-tent point un système, semblable à celui cjue "nous venons de

développer ; & ce système est un grand caractère, qui annonceVunité d’invention. On cherche depuis long-tems , fans avoirpu y réussir, les moyens d’établir en France une mesure com-mune. Combien ne faudroit-il pas de siécles pour que cettemesure devînt commune à l’Europe entiere 1 Quelle supério-rité n’auroit pas le peuple, de qui les autres recevroient cettemesure !

On if exige pas que nous détaillions comment ces bellesinstitutions ont été faites, comment leurs débris ont été dis-persés. Eloignés de ces révolutions par un long intervalle detems, nous ne pourrions faire qu’un roman ; nous cherchons àétablir des vérités. Peut-être dans les tems , où seulement unepetite partie de la terre étoit policée , le reste livré à des peu-plades sauvages Sc brutes , a-t-on vu sortir quelques effains yquelques colonies , ou même quelques particuliers, qui fontvenus apporter l’instruction chez ces nations grossières, commeFohi à la Chine , Uranus chez les Atlantes , Diemlchid à