15 S HISTOIRE
stades , il en résulte que le degré contient 57066 toises, à 6toises près de notre exactitude moderne. Nous lavons dit (a ),cette mesure, précisément parce quelle est très-exacle, n’estpoint l’ouvrage des Grecs , qui ont précédé Aristote. D’ail-leurs Aristote n’en nomme point les auteurs , il n en faitpoint honneur à fa patrie ; c’est une forte preuve que les Grecsn’y a voient aucun droit. Nous ne voyons dans l'Asre aucunedes anciennes nations à qui elle puisse appartenir. Les Chal-déens ont mesuré la longueur du degré par le pas d’un homme;nous avons le résultat de leur mesure , qui s’éloigne d’environun dixieme. Les Chinois n’ont mesuré le degré que dans destems postérieurs à notre ère ; anciennement ils faiíoient laterre carrée : quand on ne connoît pas fa forme, on est loinde çonnoître í'a grandeur. P’ailleurs st? Í£ sérojem appropriéetoute entiere ; 6c puisqu’ils ne favoient pas mesurer leur pays,comment auroient-ils mesuré la terre ? Les Indiens n'y ontjamais pensé ; ils connoissent à peine les deux presqu’îles oùils habitent, 8c Rembarrassent peu de 1 étendue 8c des dimen-stons du globe. La mesure exacte de ce globe 8c les progrèsdes arts que cette mesure suppose , ne peuvent donc êtreattribués qu'à un peuple inconnu dans l’antjquité. Alais com-ment ce peuple seroit-il resté inconnu , s’il avoit été contem-porain des Indiens 8c des Chaldéens , tandis que la mémoirede leurs sciences 8c de leur philosophie nous est parvenue ? Onne dira point que les Grecs ont dilîìmulé le nom de ce peuple,puisque malgré leur orgueil, malgré le désir de s’approprier lemérite étranger , on les voit citer à tout moment les Egyptiens8c les Chaldéens comme leurs maîtres. II faut donc croire quece peuple est antérieur aux anciens peuples de l’Asie ; oublié
(0) Histoire de l'Astronomie ancienne, p. 78.