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HISTOIRE
§. X I.
En réfléchissant sur la distance immense, qyi sépare la Chinede la Chaldée , sur la difficulté des communications dans lestems anciens, à travers des deserts ou des peuplades isolées ,on demandera comment il est possible que les Chinois ôc lesChaldéens ayent eu des mesures communes ? Ce n’est point pardes communications, c’est qu’ils font partis du même centre, 5cqu’ils se sont avancés par des rayons jusqu’aux deux extrémitésde l’Asie. II ne s’agit, pour vérifier pleinement ces conjectures,que de retrouver les mesures de Babylone dans les plaines deTartarie. Carpin (a) , moine 5c millionnaire, envoyé par lePape, en Tartarie, dans le treizième siecle, trouva fous lestentes de ces hordes ambulantes un pied , qui est le mêmeque la coudée du Caire ôc de Babylone : il est composé deseize doigts, égaux aux trente-deux doigts de cette coudée.Voilà donc le lieu du départ, voilà le lieu intermédiaire, quifut jadis le lien de parenté entre les Chinois 5c les anciensPerses ou Chaldéens : ces antiques mesures font les témoinsd’une unité primitive. Quant à la détermination de la circon-férence de la terre, on s’étonne qu’elle ait été exécutée dansces champs de la Tartarie , habités aujourd’hui par des Bar-bares , comme si cette partie du monde étoit la premiere, quieût été dévastée, puis abandonnée, 5c où des ignorans ayent suc-cédé aux cultivateurs des arts. Les Turcs, ignorans 5c féroces ,font maîtres de la Grece, dont les anciens habitans ont élevédes théâtres pour les chefs-d’œuvres de Sophocle 5c d’Euripide,les prédécesseurs des Tartares errans 5c grossiers, ont pu égale-ment cultiver les arts dans des demeures fixes, 5c entreprendre
(a) Eclaircis. Eiv. III, Z. ij.
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