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plupart de nos lecteurs , c’est une fuite de principes & devérités abstraites ; il faut, pour y trouver quelque satisfaction,en suivre la chaîne avec une contention pénible de l’elprit.Mais le voyage du ciel n’est pas plus facile , ni plus constam-ment agréable que celui de la terre ; un philosophe , qui laparcourt , s’attend à voir succéder des landes à des champsfertiles, ôc la nature agreste Le sauvage à la nature riante Leornée par l’industrie. Cette histoire est un ensemble de véritésphysiques Le mathématiques ; c’est le résultat de ce quel’hommea vu Le pensé : les premieres , transmises par nos sens , encorerevêtues des images qui ont affecté notre ame, font plus atta-chantes ; les vérités mathématiques font d’une nudité quieffraye, Le leur sévérité se refuse aux parures de l’imagination.L esprit, en rappelant les ungs à fa mémoire ? est frappé parl’idée imposante de rimmensité Sc de l’éclat des objets , ilvoit de grandes masses Le de grands espaces ; il est intéressépar des tableaux vivans , il est occupé , agité par le mouvement:tantôt les différentes parties de l’univers passent devant lui,tantôt la pensée s’élance pour les parcourir. I. esprit, en médi-tant les autres, sent au contraire tout le calme d’une contem-plation froide ; il est immobile devant ces vérités , & commedans une solitude absolue : tout ce qui tient à notre existencematérielle, le mouvement, la couleur, les qualités sensiblesont disparu , l’étendue même est en quelque sorte anéantie ;il ne reste que des lignes fans largeur , des surfaces fans soli-dité , ou des corps , qui dépouillés de tout ce qui les faitconnoîrre à nos sens, semblent n’avoir qu’une existence idéale-La vérité , ainsi réduite à clle-même, a cependant des charmes;mais pour en être touché, il faut oublier les illusions qui nousenvironnent : sortie du monde intellectuel, elle semble réservée,à la jouissance des purs esprits.