DE L’ASTRONOMIE MODERNE. ,87
où la superstition est stagnante, comme les eaux limoneusesdans les lieux bas.
La prédiction des éclipses en général eut une forte d’avan-tage pour les astronomes , c’est celui de confondre les incréédules. 11 en est pour les sciences, ôc sur-tout pour l’astronomie,dont les succès étonnent 6c affligent la médiocrité superbe.L’homme se plaît dans fa paresse , en rougissant de son igno-rance ; 6c il s’arme du doute , qui le maintient dans Tune Scl’excuse de lautre. Dans des siécles peu instruits , les anciensastronomes durent être en butte aux sarcasmes de cette igno-rance, animée par l’envie. Mesurer les astres, déterminer leursdistances , annoncer la place qu’ils doivent occuper , parois-soient des prétentions chimériques 6c des promesses illusoires,à ceux qui ne jugent que par leurs idées étroites 6c fur leurspetits moyens. Les éclipses répondoient à tout ; les deux grandsluminaires se touchoient à. l’instant marqué, répandoient lesténèbres sur la terre , 6c frappoient de terreur signorancedédaigneuse pour justifier les astronomes. ^Aujourd'hui dansnotre liecle de lumière, il y a peu d’incrédules de cette espece,ou du moins ils font relégués dans les classes fans instruction.Mais les hommes occupés de travaux importans dans la société,les hommes livrés à certains genres de connoissances, peuventignorer nos progrès dans une autre. Le but de cette histoireest de les mettre au niveau de leur íiecle , de répandre lesvérités de l’astronomie, êc sur-tout de rendre ses succès croya-bles , en montrant la fuite de ses efforts 6c la nature de sesmoyens.
§. XIV. •
PtolÉmÉe eut la gloire d’avoir apperçu des élémens, dontla délicatesse échappoit à l’exactitude des observations de son -„ Aa ij