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Tome premier.
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HISTOIRE§. XXIV.

PtoliímÉe a très-bien connu la réfraction, 8c nous enavons des témoignages certains, quoiqu’il n’en parle pas dansl’Almageste. Cet astronome avoir composé un traité d’optiquequi ne nous eít point parvenu , où d détailloit les effets dece phénomène. L’Arabe Alhazen cite ce traité , qui exiítoitencore de son tems (a). Nous devons dire un mot ici de lathéorie de la réfraction. Quoique la lumière soit infinimentsubtile , quoiqu’elle échappe à tous nos sens , excepté celui dela vue , elle est un corps dont la présence nous fait apper-cevoir tous les autres. Elle se réfléchit fur eux pour annoncerleur existence, en frappant doucement notre organe ; elle lespare des couleurs qu’elle recele : en se divisant elle-même,elle distribue diversement les nuances , pour varier la face dela terre , pour la rendre vivante ôc gaie. Sans la lumière ,l’homme , avec des besoins qu’il auroit peine à satisfaire, aumilieu des dangers qu’il ne pourroit prévoir, leroit triste Scmélancolique comme la nature; il n’existeroit que dans l’étroiteétendue de ses autres sens, SC feroit presque solitaire au milieudes êtres vivans. Mais ce présent de la lumière, en embel-lissant tout ce que l’œil nous fait voir , nous expose à deserreurs ; la lumière Sc la vue nous trompent, comme toutesles choses qui nous rendent heureux. La lumière agit par unchoc, le nerf ébranlé porte à l’ame la sensation de l’objet ;mais comme l’homme n’agit, ne frappe fur un corps éloignéque par le moyen d’un corps intermédiaire , toutes les foisqu’il a la sensation d’un objet éloigné , il íe représente uncorps long Sc assez délié pour n’être pas appercu , ou une fuite

de

( a ) Infra, Eclaircis. Liv. IV, Z. 30.