DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 235
recherches ordinaires de l’astronomie. Mais il seroit à desirerque quelque observatoire de l’Europe eût un instrument decette grandeur, revêtu de tous les moyens de précision, quimanquoient aux Arabes. II serviroit uniquement à quelquesrecherches délicates, & il éclaireroit fur des points importansde la physique céleste. En formant ce vœu , nous ne prétendonspas assurer que l’exécution en soit facile, ni même possible. IIest des choses qu’il faut tenter, pour savoir si elles font pra-ticables. Les grands ne font pas dans le cas de regretter lesdépenses perdues; elles feroient justifiées par un but utile. Nousconnoissons les difficultés , mais nous commissions aussi les res-sources de l’industrie; &c dans l’ctat de perfection où font main-tenant les sciences, si l’on veut les étendre, atteindre le termeoù il nous est permis de les porter, obtenir & mériter des succès,il faut plus d’urîe tentative infructueuse.
§. X Y I I I.
On ne voit pas que cette protection des Princes ait produitchez les Arabes aucune découverte, aucune observation impor-tante , si on excepte celle de l’obliquité de l’écliptique. L’em-pire des Arabes s’assoiblissioit par son étendue ; la fievre ,qui les avoir agités depuis Mahomet , étoit calmée, ils ren-troient dans l’inertie naturelle aux Orientaux ; &í avec moinsd’ardeur, on a moins de succès. Us passierent en Espagne ,êc quelques astronomes obtinrent la célébrité. Mais si l’on enjuge par Arzachel, cette célébrité ne prouve que la disette destalens.
Arzachel, qui fleurit au onzième siécle , reconnut que lestables d’Albategnius s’éloignoient de l’étatdu ciel. 11 ne vint ce-pendant que 190 ans après lui; mais cet intervalle de tems suffitbien pour déranger des théories, établies fur des observations