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Tome premier.
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239
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 239,

Sc comment on a imaginé qu’au-delà il y avoit un fluide pliusrare. Le germe èc les progrès de cette idée feroient intéressants.Nous pensons qu'elle est dûe à la réfraction même & aux effortsqu o n a faits pour l’expliquer. On a remarqué, c’est l’expériencemême des anciens (a), qu’une piece de monnoie, placée aufond d’une cuvette, de maniéré que l’œil ne pût l’appercevoir,devenoit visible lorsque la cuvette étoit remplie d’eau ; aprèsquelques réflexions , on aura pensé que ce phénomène étoitproduit par la différence de densité des deux fluides , J’air Scl’eau, Sc l’on aura conclu de la ressemblance des effets , quele rayon de lumière venu des astres, passe également par deuxfluides dissérens , l’éther Sc l’air. Les anciens , qui faisoientvoyager les astres dans des bateaux, n’ont eu cette pensée queparce qu’ils regardoient l’air comme un fluide , parce qu’ilsjugeoient que ce fluide s’étendoit jufqu’aux astres. On croyoitque ce fluide étoit par-tout le même, Sc homogène dans touteson étendue. C’est le phénomène de la réfraction qui a forcéd’admettre ou deux fluides dissérens , ou du moins un fluide ,dont la densité continuellement graduée pouvoit, dans le vasteespace qui nous sépare des astres, produire des effets sembla-bles à ceux de deux fluides dissérens. Ce n’est pas tout , onvoit que , suivant Alhazen Sc fes contemporains , il n’y apoint de limite à l’atmofphere ; elle s’étend juíqu’à la fpheredes planètes, en devenant de plus rare en plus rare (b). II n’yavoir, selon eux , que le ciel , l’efpace où é t oient placées lesétoiles , qui fut plus rare que l’air (c).

On concevoir donc déjà que le rayon de lumière parcourantdans un long trajet ces espaces d’une densité croissante, pou-voit fe plier insensiblement , prendre une courbure , Sc par

(a) Supra Hist. Astro». mod. Liv. III,

§. 40.

(h) Alhazen, Optia Thesaur. L. Vllrf i,<c) U id. 15 & 1 í.