DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 255
mens, qui furent rectifiés Sc établis fur les observations mêmesde Naíìireddin , tout le reste fut copié dc l’Almageste : ce fontles hypothèses Sc les déterminations d’Hypparque Sc de Pto-lémée. Ces tables nommées lìekaniques , du surnom de Holagu,ne valent pas les anciennes tables persiennes. Rien ne prouvemieux un état primitif Sc détruit, dont on avoit perdu touteidée ; on recommencoit pour faire moins bien. Hypparque ScPtolémée ont établi des déterminations inférieures à cellesqui avoient précédé; Naíìireddin les imita Sc les copia, pourformer des tables moins bonnes que celles qui appartenoientà fa nation , Sc quelle confervoit fans en co n neutre le prix.Holagu ne vit point terminer cet ouvrage, il finit en 1264une vie encore plus glorieuse par les lumières que par lesconquêtes, Sc mourut paisiblement dans les bras des favansqu’il avoit comblés de bienfaits.
§. XXXIII.
Si l’on s’étonne qu’un prince guerrier Sc barbare ait pro-tégé , encouragé les íciences , nous répondrons que les Mo-narques de FOrient leur ont toujours accordé une protectionparticulière. D’ailleurs c’est une question de savoir si l’on doitregarder comme barbares ces princes Scythes, qui defeendoientdu nord de l’Asie pour íubjuguer les peuples méridionaux ,habitans énervés d’un climat doux Sc paisible. Les cycles , lespériodes, établis de tems immémorial dans la Tartarie, prou-vent qu’on y a toujours eu quelque connoiilance de l’astro-nomie (a). Gengiskan , fameux par tant de conquêtes , dedévastations êe de cruautés, aima cependant les lettres. RogerBacon prétend que Saint Louis envoya un Dominiquain chez
(a) Hist, de l'Astron. anc. p. 77 & 341.
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