DE L’ASTRONOMÏE MODERNE. r6z
nous montrera que ces restes ont fondé leur astronomie. Dansla fuite des siécles, quelques élémens , quelques vérités leuront été communiquées ; & c’est de ce mélange qu’est composéeroute la science des Chinois. Le manque de génie, l’indolencede la nation, son attachement opiniâtre aux usages & aux idéesde fes peres, furent fans doute les causes du peu de progrèsqu’ils firent dans l’astronomie ; mais, ce qui est tout-à-faitsingulier, c’est qu’une des principales causes naît de ce quel’astronomie, ou plutôt l’astrologie y étoit liée à l’administra-tion.Si ^administration est constante, la science ne peut changerfans elle, Sc les erreurs, ainsi consacrées, font des erreurs éter-nelles ; on ne peut rien innover fans être examiné Lc autoriséeles esprits qui ont beloin de permission pour prendre l’eíTor,font des esclaves ; ils deviennent stériles comme les éléphansdomestiques.
Les Chinois étoient persuadés que leurs premiers Empereurs,Fohi, Hoang-ti, Yao , avoient eu une connoissance parfaitede l’astronomie, Sc que les principes en étoient déposés dansles monumens conservés. Ils cherchoient ces principes dansles Koua de Fohi, ou dans les tuyaux de bambou , qui étoienten usage pour la musique au tems d’Hoang-ti : ils combinoientles nombres que Confucius appelle nombres, du ciel & de laterre. 11 étoit aussi ridicule de chercher l’astronomie dans uninstrument de musique, que le secret du grand œuvre dans lesvers d’Homere. Mais Je pis , c’est qu’on regardoit comme deserreurs tout ce qui n’étoit pas renfermé dans ces prétendusdépôts ; c’est que l’astrologie avoit posé le sceau de l’autoritéfur ces idées bizarres. La Chine compofoit presque feule laterre entiere ; le ciel n’étoit fait que pour elle : l’Empereur, fafamille, fa maison avoient leur place parmi les constellations.L’harmonie des mouvemens célestes étoit fans cesse comparée