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à celle de l’empire ; l’nne n’étoit pas plus immuable que I’autrô.Les altérations célestes avoient des conséquences fâcheusespour les princes, ou du moins pour les peuples qui font punispour eux ; 6c comme il y a des vicissitudes dans les choses lesmieux réglées, comme le bien fe mêle au mal dans le meilleurgouvernement , il en résulta à la Chine le préjugé que lemouvement des astres ne suivoit pas des loix constantes. Cemouvement étoit dérangé par les mauvaises actions des Empe-reurs : de lâ plus de progrès ; ce préjugé opposoit une barrièreinsurmontable à tous les efforts. Les anciens astronomes Chi-nois ont cru , par exemple , qu’il n’y avoit jamais d’éclipsetotale de soleil ; ils pe n soient fans doute que la lune paroifsoittoujours plus petite que cet astre : êc quand l’observation d’unede ces éclipses démontroit leur erreur, ils avoient recours àun dérangement de Tordre céleste, qui menaçoit l’empire. Usne manquoient pas de citer de pareilles éclipses , qui avoientprécédé 6c entraîné, selon eux, la chute des dynasties (a).L’ignorance étoit intéressée à maintenir ce préjugé ; il y avoitpeine de mort contre un astronome, qui s’étoit trompé en pré-disant une éclipse, ou en ne l’annonçant pas. Un peuple justeLc sage n’auroit pas établi cette loi, s’il n’eût pensé que lesphénomènes célestes intéressaient le gouvernement 6c la paixde l’empire , que les dérangemens de l’un présageoient lesdésordres de l’autre. II falloit donc observer le ciel pour veillersur iesjprinces 6c fur les peuples; 6c l’astroncme, ignorant deces dérangemens, devenoit coupable des fléaux de la terre. Laloi étoit barbare, la flatterie vint à bout de l’éluder. Quandune éclipse n’arrivoit pas, on félicitoit le prince, en lui disantque ses vertus l’avoient sauvé ; quand une éclipse arrivoit sans
(a) Soucict, Recueil d'observ. faites à la Chine L aux Indes, Tome III, p. 187.
avoir