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Tome premier.
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DE GASTRONOMIE MODERNE. 185

plusieurs peuples, qui, avec des langues diverses, avec différensdegrés d’instruction, auroient formé jadis dans l’Asie un corpssemblable à celui des peuples de l’Europe. Sans l’art de l’impri-merie , qui est fait pour touc perpétuer, une grande révolutionphysique , un déluge de barbares pourroit changer en désertsl’Europe florissante, Sc ne laisser de nous que de pareils débris.On douteroit de notre existence passée, comme on doute de cespeuples, qui ont encore des témoins subsistans dans ces vieuxmonumens de l’astronomie , dans ces tables , où la science estcachée sous les formes les plus simples, dans ces longues périodesdes mouvemes combinés des astres, dans une détermination pré-cise de la longueur de Tannée, qui est le fruit des siécles, enfindans les institutions de l’industrie, de la patience Sc du rems.

§. XIX.

Le nouveau monde, TAmérique, ne nous offre point le mêmeípeélacle que l’Asie ; il n'y a ni méthodes savantes , ni longuespériodes , ni cette philosophie profonde , mais décrépite Sc ra-menée à l’enfance par des fables : le genre humain est au premierâge. Les fables font des délires Sc non des emblèmes. Cependanton y retrouve encore des conformités singulières. Nous considé-rerons d’abord les Péruviens. Acosta Sc Garcilasso, qui n'étoientpas de grands astronomes, nous ont assez mal instruits ; mais dansce qu’ils nous ont appris, on distingue des connoissances astrono-miques ; les Péruviens obfervoient les solstices Sc les équinoxes,au moyen de colonnes érigées devant le temple du soleil, au pieddesquels on avoir tracé un cercle (a). On reconnoît la méthodeque les Indiens employent pour orienter leurs pagodes (b). Ilsavoient douze tours, suivant Garcilasso (c), pour marquer les mois,

{a) Acosta, Lií. VII, c. j.

(i) Hist, de l'Asttoa. anc. p. ni,

(c) Gareilaflb , Libro secundo , cap.} 7 >