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Tome premier.
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 199

lui-même l’astronomie en Espagne. Au lieu de se borner àétudier les anciens, il se proposa de les corriger, &L donnal’exemple d’attaquer leurs erreurs. Les tables de Ptolémée deve-noient de plus en plus défectueuses ; il conçut le dessein deconstruire de nouvelles tables. En conséquence il assembla àTolede, du vivant même de son pere, tous les fa vans connus,Chrétiens, Juifs, Maures; il présida lui-même à leurs tra-vaux , ôc l’ouvrage, qui en fut le résultat, les tables appeléesde son nom tables alphonjìnes , parurent le jour même qu’ilmonta sur le trône, le front ceint de cette double couronne.Cet ouvrage lui coûta 40000 ducats. En considérant la com-plication de tous ces cercles , par lesquels Ptolémée & lesArabes ont expliqué les mouvemens célestes, le prince dit : «si" j’avois été appelé au conseil de Dieu, lorsqu’il créal’Univers," les choses eussent été mieux ordonnées «. Mot impie, dontl’astronomie auroit vengé la divinité , si elle avoit besoin del’être, en dévoilant la belle simplicité de la machine céleste.

§. VIII.

Les tablés alphonsines font fondées fur les mêmes hypo-thèses que celles de Ptolémée ; c’est le même système dumonde. II y a seulement quelque diftérence dans le moyenmouvement des planètes. Ce fut le Juif R. Isaac Abensid ,surnommé Ha\an , qui fut le principal auteur de ces tables (a);aussi ce Juif y a-t-il introduit les rêveries cabalistiques. Onfait que, suivant les Hébreux, la septieme année est sabathique,mais la quarante-neuvieme est la grande année du Jubilé. CeJuif avoit adopté le prétendu mouvement d’oscillation ou detrépidation des étoiles en longitude, inventé, ou, renouvelé

(a) Riccius, de motu ocl. sph, p. 15,

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