DE GASTRONOMIE MODERNE. 335
progrès jusqu’au moment ou de nouvelles conjectures permet-tent de former un nouveau plan. Les plans se succèdent, lessystèmes se perfectionnent, 6c l'on arrive enfin au dernier plan,qui est celui du labyrinthe, ou au dernier système, qui est levéritable ordre de la nature.
Les systèmes font utiles ; nous disons plus, ils font néces-saires. Les vérités qui ne font pas classées font mal connues ;ce font des personnages illustres dont nous devons dire l'ori-gine , la famille 6c la parenté : en leur créant des généalogies6c des alliances , nous soulageons la mémoire. Sans un ordrequelconque, l’homme íe perdroit dans la foule des faits ; sonintelligence fuccomberoit fous la masse de íes connoissances.D’ailleurs cette réduction est conforme à l’économie physiquede l’univers. Les hommes, soit par raison ou par instinct, onttoujours senti qu’en faisant dépendre plusieurs vérités d*unefeule , ils se rapprochoient de la nature, qui , avec un petitnombre de moyens produit la variété infinie des choses.
§■ II.
Qu’on ne se plaigne donc pas des systèmes , ils ont rendules plus grands services à l’esprit humain. La seule loi qu’onleur impose est d’être vraisemblables , ausiî bien que nécessairesà l’explication des faits observés. Ceux qui font faux fontencore utiles. Si Ptolémée n’eût pas proposé le sien , les mo-dernes n’eussent pas manqué de l'i n venter ; c’étoit une erreurindispensable placée sur le chemin de la vérité ; on ne voitd'abord que par les sens, on juge par eux de ce qui est phy-sique , 6c l’esprit ne parvient à connoître ce qui est vraiment dela nature, qu’après avoir été long-tems trompé. Le régné desillusions doit passer , mais il ne peut être détruit qu’après avoirexisté ; nos ancêtres nous ont donc servi, en les épuisant. Sans