HISTOIRE
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les systèmes on n’atteindroit aucune vérité générale; ces véritésne se montrent que sous l’apparence de système. II n’y auroitpoint de progrès, ce n’est que par un système qu’on parvientà li£r une vérité à une autre. Si le système de Ptolémée avoittoujours subsisté, si Copernic n’eût pas établi un nouvel ordredans les distances 6c dans les révolutions des planètes, Kepler,dans le chaos des épicycles 6c des déférens, n’eût pas démêléles deux belles loix qu'il nous a laissées : 6c fans ces loix , quin’étoient elles-mêmes que des suppositions , avant la décou-verte des satellites de Jupiter 6c de Saturne, Newton n’eût paseu de fondemens pour poser son grand édifice. Ces entre-prises hardies font l'ouvrage du génie. S’il appartient à tous leshommes de blâmer les systèmes , il n’appartient qu’à un petitnombre d’hommes de le§ imaginés. CëUX qui JêS jugent sont
afìis dans un horizon borné ; ceux qui les conçoivent fontplacés à une certaine élévation, d’où ils jettent autour deux unregard étendu, C’est de là, 6c de ces sommets, que Ptolémée,Copernic, Kepler, Newton se regardent, 6c qu’en comptant lessiécles qu’ils partagent dans leur gloire , ils ont droit de nousdire: cet univers imposant 6c auguste a été approfondi, devinépar nos pensées ; l’Etre suprême, en le produisant, l'a vu d’unseul coup d’œil ; nous, en qualité d'êtres subordonnés, nousne savons apperçu que successivement 6c par parties : maisnous avons vu le dessein de Dieu dans son entier , 6c noussavons livré à l’admiration des hommes. Ces découvertes éter-nelles font cependant le produit des systèmes. •
§. III.
Si jamais on a proposé un système hardi, c’est celui deCopernic : il falloir contredire tous les hommes , qui ne jugentque par les sens ; il falloir leur persuader que ce qu’ils voyent
n’existe