34* HISTOIRE
que la terre tourne 6c s’éloigne , ne devroient pas, à l’instantde leur chiite , retrouver le point d’où ils font partis ; Lc ,comme dit un poète (u), la tourterelle n’oseroit quitter sonnid 6c s’élever dans les airs, dans la crainte de ne plus revoirses petits. Une réponse très-simple détruit cette difficulté. Tousles corps , qui reposent sur la surface de la terre, participent àson mouvement ; ils n’ont pas besoin d'être attachés pour lasuivre , ils conservent ce mouvement, même lorsqu’on leur enimprime un autre dans une direction quelconque. Les corpslancés en haut, soit lorsqu’ils s’élevent, soit dans le tems deleur chute, tournent encore avec la terre, 6c il n’y a pointde raison pour qu’ils ne retombent pas au point d’où ils fontpartis. L’oiseau , qui s’éleve perpendiculairement , retombemalgré le mouvement d u globe , pat la rnerne ligne à. plombfur son nid. Le plus grand adversaire de ce système est l’hommelui-même , les sens le dominent malgré lui ; il ne peut serésoudre à nier un mouvement qu’il voit de ses yeux , pourcroire un mouvement qu’il ne sent pas. Tout est en reposdans fa demeure, dans les champs qui l’environnent ; il s’en-dort après le travail du jour ; 6c lorsqu’il se réveille avecl’aurore, il retrouve les mêmes relations qu’il avoit avant lesommeil, rien n’a changé de place autour de lui. Commentse persuadera-t-il qu’il a parcouru i à 3000 lieues dans i’es-pace ? Ce système n’étoit donc pas fait pour les hommesvulgaires , qui ne font que sensibles ; mais ce qu’il y eut deplus extraordinaire , c’est que ce système fut combattu pardes savans. Cependant peu à peu les esprits s’éclairerent, lesdifficultés du système opposé frappèrent davantage ; on sentitqu’on pouvoir tourner avec la terre sans s’en douter, comme
(a) Buckanan, Spktr. Lib. I,