z6r HISTOIRE
adopter ses hypothèses : placé èntre les savans qui pouvoientcondamner ses opinions, Le les théologiens qui pouvoient sol-liciter les foudres de Tégliíe , il déguise la maturité de sesméditations Le l’importance de ses découvertes. II craint queles savans ne pensent qu’il va renverser les fondemens solidesdes sciences ; Le il s’excuse en diíant que le devoir d’un astro-nome est d’abord de rassembler les circonstances des mouve-mens célestes, ensuite, au défaut des vraies causes , quand ilne peut les connoître , d’inventer des hypothèses dont la sup-position puisse représenter ces mouvemens, tant pour le passéque pour l’avenir : il n’est pas nécessaire, ajoute-t-il, qu’ellessoient ni vraies, ni vraisemblables. C’est avec cette adresse Lccette modestie que Copernic annonçoit la vérité , ou du moinsqu’il s’essorçoit de la faire pardonner. Quant h Uroriré res-pectable qu’on pouvoit armer contre s es pensées, il se présentelui-même au tribunal ; son livre est dédié à Paul III, Pontifesavant 8c éclairé. II dit au Pape qu’il avoit suivi long - temsl’exemple de Pythagore, qui cachoit fa doctrine , Lc qui réser-voir la vérité sacrée pour ses amis Sc pour ses disciples ; cequ’il n’a pas fait, dit-il, par jalousie du savoir, ôc par amourdu mystère, mais par la crainte de profaner ces connoissances ,en les livrant à un peuple d’hommes qui les méprise. En rappe-lant les opinions des anciens philosophes, en établissant lemouvement de la terre , il a trouvé que tous les phénomènesen découloient nécessairement, Sc avec un tel ordre, qu’onne pouvoit y rien changer fans introduire la confusion dansla machine céleste. II finit avec une noble assurance , endisant qu’il n’a point cherché à éviter le jugement du SaintPere , Sc qu’il a préféré, de lui dédier son ouvrage , àlui qui est distingué Lc par sa dignité Sc par son amourpour les sciences, asin que son autorité puisse réprimer la