DE L’ASTR O NO M IE MODERNE. z6z
calomnie {a). II est remarquable qu’en parlant au Pape, il netouche point la difficulté des passages de l’Écriture; mais Paul IIIétoit trop instruit, la justification de Copernic eût été superflue.Ces passages n’ont jamais été que la ressource de la haine &cde l’envie. Qui ne voit que lorsque Josué a dit au soleil des’arrêter, il a dû parler devant son armée le langage vulgaire;& puisque les astronomes , convaincus de la vérité du systèmede Copernic, disent encore que le soleil se leve & se couche,il auroit été ridicule que Josué eût employé des expressionsplus savantes, en parlant à des hommes simples.
§. XXI.
Maintenant qu’on nous permette quelques réflexions furla marche que Copernic a suivie dans ses idées. II parvient parune fuite de raisonnemens philosophiques à montrer qu’il n'estpas nécessaire de placer la terre au centre du monde ; lesesters sont les mêmes, soit que la terre se meuve, soit queles astres se meuvent autour d’eile ; le choix doit donc êtredéterminé par la simplicité des causes. II avoit devant lui lesopinions des anciens, qui devenoient ses garans ; car les bonsesprits se répondent & se cautionnent dans toute la duréedu tems. Son système n’étoit pas une création , ce n’étoitqu’une adoption ; mais il sentoit que cette adoption étoit stdifficile , qu’il semble douter qu’elle s’étende aux autres savans.II ne s’y est déterminé lui-même qu’après un examen approfondidu système de Ptolémée. Ce sont les défauts des explications,l’absurdité des hypothèses , qui l’ont rejeté dans l’antiquité ,pour y chercher des ressources plus heureuses, & des moyensplus physiques. II doutoit avec raison que cette adoption pût
(j) Préface de Copernic.
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