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Tome premier.
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3 6+ HISTOIRE

devenir universelle ; il a fallu du tems ; plusieurs astronomescélébrés , 8c Tycho lui - même , ont rejeté son opinion.Copernic fentoit que le témoignage des sens étoit contr’elle ;l’idée la plus naturelle est que la vérité doit être conforme àleur rapport. On fuit ce plan pour faire des observations, onpart de ce principe pour bâtir des explications ; on les accu-mule à mesure que les phénomènes fe multiplient, 8c jusqu'àce que les absurdités fe fassent sentir. Alors un bon esprit,comme Copernic, ose s’élever contre une opinion reçue , illutte quelque tems avec son siecle avant de lentraîner. Maistous ces préliminaires ont été nécessaires ; le système le plusnaturel en apparence , a dû précéder celui qui est le plusvrai ; des siécles ont dû s’écouler pour ces établissemens 8cces destructions. L’opinion du mouvement dc la terre existoicchez les Chaldéens , Hypparque n’a pu manquer d’en êtreinstruit , Ptolémée 8c lui fe font accordés pour la rejeter.C’est que l’idée n’étoit pas assez mûre , son tems n’étoit pasencore venu; il falloit les efforts, les essais d’Hypparque, dePtolémée, 8c quatorze siécles après eux, pour en démontrerla nécessité.

Les longs travaux de l’école d’Alexandrie, ceux des Arabes,avoient préparé une base aux méditations de Copernic. Maissi dans tous les tems l’adoption a été si difficile, comment conce-vrons-nous la création primitive de ce système chez les peuplesde l’orient. Cette idée ne peut naître que dans une tête phi-losophique ; elle ne peut fe propager fans qu’il y ait d’autrestêtes philosophiques pour la saisir, la conserver 8c la répandre.Les peuples orientaux connus n’ont eu ni la philosophie propreà la produire , ni l’efprit d’examen 8c de méthode nécessairepour l’approíondir , ni des observations assez exactes pourdémentir le rapport des sens. Nous demandons s’il est naturel,