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Tome premier.
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Ê C L A I R C I S S E U E N S. 5 r-'

sonnent que 5 0 17' pour la différence de latitude de ces deux villes (s). Lecalcul établi fur la proportion de l’ombre , à la hauteur du gnomon , nedonneroit même que 4 0 34 ( 4 ). Aujourd’hui que la valeur du degré est:bien connue de 57071 toises, la distance itinéraire de ces deux villes , àraison de 5° 17', étoit de 301530 toises, qui, soit qu’on suppose le stade de8 5 toises 3 pieds 7 pouces, de 94, 813 toises, ou de 114 ^ toises; ne peuventjamais faire que 3517, 3181, ou 1641 stades. II se seroit donc trompé dutiers , ou même de la moitié de la distance itinéraire. Or nous demandonss’il est vraisemblable qu’un philosophe auíîi éclairé que Postìdonius , quidevoir connoître la mesure de la terre d’Eratosthenes, & les moyens astro-nomiques dont il s’étoit servi, ait tenté de recommencer cette grande entre-prise , pour ne pas faire mieux , ou du moins aulìì bien , fans s’asturer si ladistance de Rhodes à Alexandrie étoit exactement connue ; fans faire atten-tion que dès que l’étoile Canope étoit visible à Rhodes , s’élevoit tant soitpeu fur cet horizon , il falloir tenir compte de cette petite hauteur , 8c laretrancher des 7 0 -j- qu’elle avoir à Alexandrie. N’oublions pas de dire quecette hauteur 7 0 y étoit assez exacte, suivant les connoistances qu’on avoitalors ; car l’équateur est clevé fur rhorizon d’Alexandrie suivant nos me-sures modernes de 5 8° 49', & la déclinaison australe de Canope, qui résultede sa position dans l’Almageste , est de 5 x° 13'. Au méridien elle avoit donc7° z6 r de hauteur. Est il vraisemblable que Postidonius n’eût pas tenu comptedes i° 8c plus dont elle s’élevoit à Rhodes? Ce n’est pas un homme commelui qui commet de pareilles fautes.

Kepler avoit attribué Terreur de cette observation à la réfraction quePostidonius n’a pas employée. Mais la réfraction ne peut produire tout auplus que 30'. Kepler est donc oblige de supposer une réfraction plus forteà Alexandrie (c).

§. XXVII.

Nous avons attribué à cette mesure de Postidonius toute l’exactitudeque nous avons reconnue dans celles que citent Aristote & Pcolcmée ,cela doit être, puisqu’elle leur est identique. Mais on demandera commentil est possible qu’une détermination , établie fur deux erreurs grossières ,ait produit un résultat si exact ? Nous avons déjà répondu qu’un homme

(a) Mémoires de l'Académie des Sciences, (A) Supra , p. m.année 1761. (c) Paralip. ad Vitellium , p. 149.

Tome /. Xxx