ÉCLAIRCISSEMENT. 59,
comparant ses observations à celles de Ménelas (s), & l’établit de i° en66 ans, ou d’environ 54" 52'" par an. Quoiqu’il 11’en parle point, on ne peutdouter qu’il n’ait comparé ses observations à celles de Ptolémée , & cettecomparaison lui auroit fait établir i° de mouvement, suivant Riccioli (b ),en 6^~ ans. Nous croyons que ce qui le fit pencher pour la premiere déter-mination , fut la connoissance qu’il avoir fans doute de ce mouvement établipar les Indiens de 54" par an (c). Cette observation des étoiles nous apprendle tems où il a fleuri; car il la date lui-même de l’an 1627 de Nabonassar,qui répond à l’an 879 de notre ère. Albategnius, doutant de toutes les déter-minations anciennes , voulut vérifier celle de l’obliquité de l’écliptique ,quoiqu’elle l’eût déjà été plusieurs fois chez les Arabes mêmes. II expliquequ’il observa avec une très-longue alidade , &c avec toutes les attentionsindiquées dans l’Almageste, pour la vérification de la position de l’instru-ment, la plus courte distance du soleil au zénith d’Aracte, lors du momentdu solstice d’écé , de 1 2 0 26', & la plus grande au solstice d’hiver , de59° 36'; d’où résulte l’obliquité de 23 0 35' (d) ; il n’a eu égard ni à laparallaxe ní à la réfraction : en ayant égard à la réfraction, cette obliquitéseroir un peu plus grande, & de 23° 3 5' 47".
§. XVIII.
Albategnius vérifia aufli la théorie du soleil ; il trouva par ses obser-vations que l’excentricité étoit de 2P 4' £, dont le rayon en contient 60 ,ou 3 46 5, dont le rayon en contiendroit 100000 (e). Cette quantité, beaucoupplus exacte que celle d’Hypparque (/) donne i 9 5 9 7”pour l’équation du cen-tre du soleil. Mais la remarque la plus importante qu’il ait faite, un véritablepas qu’il a fait faire à la science, c’est la découverte du mouvement de l’a-pogée du soleil que Ptolémée avoir cru fixé dans le 5 0 7 des Cerneaux , oudu moins qu’il n'avoir cru assujetti qu’à la rétrogradation des points équi-noxiaux. Albategnius le trouva dans 22 0 1/ (§) ; il étoit donc avancé de16° 47', & à raison du mouvement des points équinoxiaux, il n’auroit dûl’être que de io° iS'. 11 en résultoir qu’il avoir un mouvement propre, par
Ceci nous démontre qu’Albategnius regarda la détermination de l’apogéelequel il s’étoit avancé de 6° 29.
(a) De scìentiâ ftellarum , c. 51. (e) Ibíd. c. 28.
(b) Almag. Tom. I , p. 444. Halley , Trans. phil. N°. 204,
(c) Histoire de l'Astron. anc. p. 109, (/) Suprk , p. 472.
(d) Albategnius, c. 4. {g) Albategnius , c. 28.
Tome I.
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