j 9 o ' HISTOIRE
II faut convenir que par ses explications mécaniques Defcartesa banni fans retour les âmes des planètes, 8c leurs intelligencesconductrices. Képle.r avoit encore teop respecté ces restes ab-surdes de l’ignorance {a).
L’univers fous les yeux de Dieu, n’est qu’un grand amas dematière , semblable dans toutes ses parties , agité des mêmesmouvemens 8e gouverné par les mêmes loix. C’est un empiredont la terre est une province. L’homme, doué d’un orgueilaulìì ancien que son existence, a cru long-tems que les cieuxtournoient pour lui, que les flambeaux célestes brilloient pourl’éclairer ; il fe regardoit comme le centre de la nature, maisdéchu de ces prétentions ridicules par les découvertes de songénie , il n’a plus vu qu’un espace immense, où son petit globeest comme perdu, où nagent une infinité de globes plus con-sidérables que le sien. L’ordre 8e la constance lui parurent régnerdans le ciel, le hasard 8c la confusion sur la terre. Après íasupériorité perdue, il sut trop heureux que Defcartes lui rendîtune sorte d’égahté ; il fut content que la même loi mécaniqueanimât le ciel 8c la terre.
On pouvoit demander à Defcartes pourquoi les corps ter-restres , qui font mafle avec la terre, qui font emportés avecelle par son mouvement journalier, n’acquierent point de forcecentrifuge ? Car dans son hypothèse, ils ne tombent que parcequ’ils en font privés. On pouvoit lui demander encore pour-quoi dans un grand tourbillon , tel que celui du soleil, toutesles planètes fe meuvent dans des plans distérens ? Pourquoi lalune emportée par le tourbillon de la terre , ne se meut pasdans le plan de lequateur terrestre ? Je ne conçois un tourbillonque lorsqu il fe meut circulairement, que lorsque le soleil qu’il
(«) Supra, p-í j.