DE L’ASTRON O MIE MODERNE, ioj" :l ' M §. II.
Ismaël Bouillaud naquit à. Loudun en l6o; (a); il futd’abord protestant, ensuite catholique 6c prêtre : ses connois-fances étoient très-étendues, elles embrafioient la théologie,le droit, l’histoire, les belles-lettres, Lc enfin l’astronomie. Aprèsavoir voyagé long-tems , il se fixa à Paris ; c’est là qu’il publiaen 1639 une dissertation intitulée Plulolaiis , sur le vrai íystêmedu monde; puis en l 64; l’astronomie philolaïque , qui estcomposée dans la même vue de -développer, d’aíFermir les idéesde Copernic Lc de Képler, mais où elles font revêtues de toutesles preuves astronomiques. Le grand savoir, l’érudition histo-rique de Bouillaud lui sut utile ; il trouva dans la bibliothèquedu Roi des observations anciennes Lc peu connues , telles quecelles de Thius {b) , qu’il compara aux observations modernes,pour en tirer les moyens mouvemens. II sic usage peut-être lepremier de l’astronomie étrangère Lc asiatique, la mere de toutesles autres ; il fit connoître les Tables des anciens Perses, Lc leurexactitude.
En adoptant les routes elliptiques que Képler donne aùxplanètes , il adopta aulîì l’idée d’Albert Curtius (c ), qui sup-pose que les planètes, mues inégalement autour du foyeroù le soleil est placé, se meuvent uniformément autour del’autre. Cette supposition donnoit plus de facilité pour cal-culer l’inégalité des planètes. Le problème est difficile, il n’apas été résolu directement par Képler (d) , Sc avant que le
(j) U est mort à Paris en 1694.
(J>) Suprk , Tomel, p. S.07& 57J.sc) Supra, p. 144.
( d ) Képler r.c réfolvoit ce problèmecyu^en supposant l’anomalie vraie , pourtrouver 1 anomalie moyeune. C'est l’asto-
Tome II.
malie moyenne epai est: réellement donnéepar le tems ; mais par la méthode des faussespositions , on parvient facilement à trouverf anomalie vraie , tjui répond à cette ano-malie moyenne donnée. M. de la Lande,J/ír. art. irz 8.
Vd